Les îles à vélo

Enfin l’été!

Et il passe tellement vite que ce post a bien failli s’intituler « Déjà l’automne »… Nous sommes le 1er août et n’avons rien écrit depuis avril dernier. Pourtant, il a dû se passer des choses, non?
Effectivement. Tout d’abord, et pour conclure le billet précédent : la salle de bains est TERMINÉE!!! Et vous allez rire, mais cela n’est que très récent : la semaine dernière. La douche et le lavabo avaient été installés en avril, et les Vélux sont arrivés à la fin du même mois, si mes souvenirs sont bons. Ou début mai. Non sans mal, mais enfin, c’est fait. Pas tout à fait à notre goût non plus, mais on s’en contentera. J’imagine que par les temps qui courent, il ne faut pas être trop exigeant. Bref, la touche finale a été posée tout récemment, et voilà le travail!

Nous sommes ensuite aller changer d’air et de décor pendant un mois en France. Le télétravail nous a permis de rester plus longtemps sur place et de profiter sans courir partout. Depuis presque quatre ans sans sortir du Canada, et sans voir la famille, cela commençait à manquer.

Retour au bercail mi-juin pour deux semaines de travail avant les vacances. Au programme, deux semaines de vélo sur l’Île-du-Prince-Édouard, nichée entre la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et la Gaspésie. La province, berceau de la Confédération et célèbre pour être la terre de naissance de Lucy Maud Montgomery, auteure du roman Anne… la maison aux pignons verts, a réaménagé son ancienne voie ferrée en piste cyclable. Sur un peu plus 400 km, le Sentier de la Confédération traverse l’île de part et d’autre en son centre et par plusieurs embranchements. Le terrain étant majoritairement plat, c’était l’itinéraire parfait pour une première expérience de cyclotourisme. Sans compter qu’il nous permettait de découvrir vraiment la province que nous avions très rapidement visitée en 2009.

Notre amie Johanna nous a accueillis et nous a laissés garer Étienne devant chez elle pendant notre périple. C’est donc depuis Mount Stewart que nous avons pris la route en direction de l’est. L’objectif est de nous rendre à Souris pour prendre le traversier jusqu’aux Îles de la Madeleine, au Québec, et de traverser complètement l’Île-du-Prince-Édouard vers l’ouest au retour. Nous n’avons pas vraiment vu passer la première journée, trop concentrés sur l’adaptation au transport de bagages et l’arrivée à destination suffisamment tôt pour prendre le bateau que nous n’avons pas réservé. Nous y sommes parvenus de justesse : 60 km en 4 h 30. Nous avons ensuite eu largement le temps de nous reposer pendant les cinq heures de traversée avant d’arriver à Cap-aux-Meules vers 19 h et de planter la tente au camping, devant un paysage incroyable et surtout – à la différence de l’Île-du-Prince-Édouard – à l’abri moustiques! (Eh quoi, vous ne pensiez tout de même pas que j’allais écrire quelque chose pendant l’été sans vous parler de nos amis les moustiques, quand même…) Une bonne nuit de repos nous attend avant les deux prochains jours de découverte des lieux.
Le lendemain, nous avons exploré l’île du Cap aux Meules et découvert ses magnifiques paysages : falaises rouges recouvertes d’herbe verte, phares rouge et blanc surplombant l’océan turquoise et maisonnettes (ou manoirs, selon le cas) installés en haut des collines, nous en prenons plein la vue en nous perdant au gré des chemins plus ou moins balisés. C’est après une journée bien remplie que nous regagnons nos pénates, fourbus mais contents. Nous ne tardons pas à aller nous coucher, car la « bonne » surprise ici, c’est que ce n’est pas plat. Nous avons eu notre lot de grimpettes, et même si nous n’avons parcouru qu’une cinquantaine de kilomètres, nos jambes les ont bien sentis. De toute façon, l’idée de traîner dehors ne nous enchante pas : les satanés moustiques nous ont rattrapés. La pause n’aura été que de courte durée.

Pour notre troisième jour sur place, c’est un autre défi qui nous attend : le vent! Rafales à plus de 50 km/h, et nous devons emprunter une digue de 10 km (comprendre sans protection, à part quelques dunes sur une petite portion) pour nous rendre sur l’île du Havre Aubert. C’est donc bien sûr avec le vent de face (tout du moins au début) que nous parcourons le trajet. Une fois sur place, nous découvrons un joli petit village très animé, qui ne vit clairement que du tourisme. Nous en profitons pour ne remettre avec un bon café, après quoi nous flânons (à pied) sur les sentiers alentours. Nous ne traînons pas, cependant, car même à pied, le vent est bien présent, et nous savons ce qui nous attend au retour. Et en effet, c’est avec le vent de face (tout du moins au début, allez savoir…) que nous retraversons la digue. Nous faisons une petite pause pique-nique en chemin et arrivons à notre point de départ en milieu d’après-midi. Il est encore tôt alors, malgré la fatigue, nous décidons d’aller nous reconstituer avec un bon smoothie à Cap-aux-Meules, histoire de rajouter quelques kilomètres au compteur pour cette troisième journée. Nous rentrons au camping après avoir repris des forces, et après une bonne douche, nous n’hésitons pas à aller nous enfermer dans l’abri pour le repas du soir. Inutile de préciser pourquoi, mais il est quand même très frustrant de ne pas pouvoir profiter de l’extérieur en été. Nous serons encore une fois couchés tôt, mais après plus de 70 km dans les jambes, nous n’avons aucun scrupule. Demain, debout à 6 pour prendre le traversier de 8 h qui nous ramènera sur l’Île-du-Prince-Édouard.

De retour à Souris, on nous annonce une météo exécrable pour le lendemain : 100 % de probabilités de précipitations. Nous décidons donc de faire une halte pour la journée et parvenons à réserver une chambre dans un petit établissement. Et nous avons eu raison. Après quelques coups de pédales sur le sentier en fin de journée et une soirée agréable et ensoleillée dans le jardin de l’hôtel, nous nous réveillons sous des trombes d’eau! Nous voilà donc cloitrés dans notre minuscule chambre à ne rien pouvoir faire. Je tente une sortie pour aller voir les deux-trois boutiques de touristes ouvertes, mais ne tarde pas à rentrer, trempée. La pluie s’arrête enfin en soirée, et après une deuxième nuit à l’abri, nous repartons sur nos montures en direction de l’ouest, après un petit détour dans la région de Montague par un embranchement vers le sud. Nous y passons deux jours très agréables à profiter de l’ambiance de ce village, ainsi que de ses deux microbrasseries.

À partir de là, on peut dire que les jours se suivent et se ressemblent. En effet, après notre départ du camping du parc provincial Brudenell, nous n’avons quasiment plus quitté le Sentier de la Confédération, et il faut bien l’avouer : c’était long. Le problème avec les anciennes voies ferrées, c’est qu’elles sont très souvent dans les terres, ce qui fait que point de vue paysages, c’est plutôt monotone. Sachant que l’emblème de l’Île-du-Prince-Édouard, c’est la patate, je vous laisse imaginer ce que nous avons pu admirer pendant des kilomètres et des kilomètres de route. Et ça, c’était quand on voyait quelque chose. Parce que dans l’ensemble, le Sentier est bordé d’arbres. Notez que cela n’a pas toujours été un inconvénient, car les arbres protègent du vent, et nous en avons eu, du vent. Mais quand même, entre une rangée d’arbres ou des champs à perte de vue, j’avoue que nous avons été bien contents de sortir du Sentier et de prendre la route pour rejoindre le parc provincial Jacques Cartier, au nord de l’île. Quel bonheur, malgré la circulation, de rouler sur une surface à peu près plane et d’avoir des choses à regarder pour passer le temps. C’est donc en dehors du Sentier que nous avons sillonné cette partie nord. De toute façon, il ne se rend pas jusqu’à la pointe où nous comptions aller. Un peu de diversité sur cette dernière portion où nous avons pu admirer la côte et découvrir l’Institut d’énergie éolienne du Canada.

Et après tout cela, il a bien fallu repartir. L’objectif était d’atteindre Charlottetown, la capitale, deux jours plus tard et de s’y mettre à l’abri pour la prochaine journée de pluie annoncée. Mais nous avons finalement décidé de retourner chez Johanna directement, et d’y récupérer Étienne pour nous rendre à Charlottetown un jour plus tard, sous le soleil. Nous avons donc fait le trajet du retour en deux jours, et avons ensuite rangé les vélos et profité des dernières journées citadines à pied. La ville nous a beaucoup plu. Très tranquille et coquette, il semble y faire bon vivre sans pour autant y manquer aucun service. Et avis aux véganes : nous avons vraiment été impressionnés par l’offre de produits végétaliens, particulièrement dans les restaurants, pour une si petite bourgade.
En conclusion, nous avons parcouru 850 km en 12 jours et sommes assez contents de nous pour cette première expérience. Pour ce qui est du lieu, Charlottetown nous a conquis, ainsi que deux ou trois petits villages mignons (Montague et Kensington, en particulier) et les plages, qui sont magnifiques (et l’eau est chaude!). Pour le reste, la province est surtout caractérisée par ses champs et ses pelouses bien tondues à perte de vue, ce qui ne nous a pas charmés outre mesure. À vrai dire, nous avons trouvé un peu triste que la principale activité des gens soit de tondre leurs immenses pelouses sur leurs tracteurs, au détriment de la nature et des arbres – pratiquement inexistants sur l’île. Cette expérience aura été l’occasion pour nous de découvrir cet aspect de la province.
De retour chez nous, c’est la reprise du boulot, rémunérateur ou non. Nous avons profité du beau temps pour redonner un coup de neuf à l’extérieur de la maison et rattraper le retard au potager. La récolte ne sera certainement pas bien grosse, mais on croise les doigts. Nous avons tout de même pu déguster quelques radis, laitues, betteraves et haricots verts qui nous ont mis l’eau à la bouche.


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