Du retard à rattraper

Pas tant que cela, en fait, parce que nous n’avons pas grand chose à raconter. Notre vie n’a pas été bien palpitante ces derniers temps, d’où l’absence de posts. Je pense qu’on peut dire que nous sommes un peu en phase de latence, entre la recherche de boulot de Steph et le printemps qui n’en finit pas (ou l’été qui n’arrive jamais). Nous tentons de nous faire au climat calgarien, chose qui semble impossible : on ne sait jamais à quoi s’attendre. Par contre, nous avons bien compris que l’été ne serait pas là de si tôt. Alors bon, on garde espoir, et on attend. Nous allons bien finir par pouvoir aller les découvrir, ces Rocheuses… Pour patienter, y a Roland Garros qui vient de commencer. Go Nadal, GO !!! (Huit heures de décalage, ça commence à faire beaucoup pour voir les matches, par contre).
En attendant, nous nous sommes trouvés de nouveaux passes-temps. Nous vous l’avions déjà dit, nous avons décidé d’utiliser notre unique plate-bande plutôt que de laisser les mauvaises herbes l’envahir. Alors, on (surtout Stéphane) désherbe, on arrose, on entretient, on composte. Comme nous n’avons pas de jardin clôturé et que nous ne connaissons pas vraiment la législation de la ville, nous n’avons pas de composteur. J’avais regardé rapidement pour un truc d’appartement, avec des vers dedans, mais l’idée ne m’enchantait pas. Mais en même temps, cela nous gênait de jeter tous ces déchets organiques à la poubelle. Alors finalement, nous avons opté pour la solution familiale, comme chez Maman, on enterre 😉 Au moins, les plate-bandes auront de la bonne terre, et à voir le nombre de vers de terre qui s’acharnent là-dedans, cela a l’air de faire son effet. Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui, Stéphane est sorti arroser ses graines, et qu’il est revenu fièrement en m’annonçant : « Je crois qu’on a des pieds de laitue qui ont germé ! » Victoire ! Si cela marche, nous aurons peut-être nos propres laitues en… septembre ? On verra, mais on aimerait bien que l’expérience soit positive. Pour les concombres, par contre, il y a peu de chances que cela prenne, vu qu’il fait 3 degrés le matin. On peut toujours rêver…

Et puis au-delà du jardinage, Stéphane s’est découvert une nouvelle passion : la tonte de gazon. Cela lui rappelle la belle époque où il allait de logis en logis dans les rues de Québec pour demander aux gens s’ils connaissaient l’herbicyclage. Dans notre cas, ce n’est pas vraiment volontaire. Notre proprio nous a annoncé dès le départ que nous étions responsables de notre pelouse. Alors ce n’était pas vraiment clair, on ne savait pas s’il s’agissait de l’arrière de la maison aussi, ou uniquement du devant. Le fait est que la pelouse poussait, poussait, et qu’il était temps de faire quelque chose. Mais voilà, sans tondeuse, cela marche moins bien. Qu’à cela ne tienne : direction Wal-mart (je crois que j’ai déjà raconté ça) pour acheter la fameuse tondeuse manuelle. Vu que j’ai déjà raconté, je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Allez juste voir la vidéo de Monsieur à l’œuvre, ça va vous faire marrer. Pour l’anecdote, la première fois, il est revenu avec de véritables trous dans les mains (les stigmates du Christ, selon lui), parce qu’il n’avait pas mis de gants : mobilité réduite pendant une semaine après ça, exempté de vaisselle et tout. Du coup, la deuxième fois, il a mis des gants : ça fait moins mal. Entre-temps, notre copain Gaston le Québécois n’a rien trouvé de mieux que de repasser sur la tonte de Steph devant la maison. Heu, Gaston, si tu veux nous tondre notre pelouse, il aurait fallu le dire avant qu’on achète la tondeuse… Ah oui, et pour finir, nous avons appris lundi dernier par notre voisin, la cantatrice américaine, qu’il y avait une tondeuse électrique à disposition des tous les locataires (les cinq maisons de notre bout de rue appartiennent à la même agence). Et ç’aurait-tu pas été sympa de la part du proprio de nous le dire, ça, histoire qu’on n’en achète pas une, de tondeuse ? Mais bon, finalement, ce n’est pas bien grave. Nous aurions pu rapporter la tondeuse sans problème, c’est l’Amérique, ici, mais Stéphane aime bien son nouveau jouet, et il préfère la garder. Bon ben, ok…

Dernier sujet du jour : les bons et les mauvais côtés du couchsurfing. Nous avons dû évoquer le fait que nous allions accueillir une Estonienne pendant cinq jours dans notre dernier message. Et bien, c’est fait, et on est bien content que ce soit fini. Dans ces cas-là, on se demande quand même pourquoi on s’impose ce genre de trucs. C’est vrai, qui nous demande d’accueillir des inconnus chez nous alors qu’on est bien peinard à la maison, sans personne pour nous déranger. Non, parce que voilà, le couchsurfing, pour nous, après les expériences que nous avons vécues en Amérique du Sud, c’est vraiment un échange culturel, une expérience de partage, de découverte, bref, quelque chose d’enrichissant. Alors quand quelqu’un débarque chez vous pendant cinq jours et squatte, ça le fait tout de suite moins. Pour vous dresser le tableau, nous avons logé, nourri et blanchi cette personne pendant tout son séjour, nous avons passé du temps avec elle, pour quoi en retour ? Rien ! Ah si, pardon : quelques cookies à l’avoine le dernier soir (cuisinés avec nos ingrédients), et un sac en tissu avec le logo du centre des sciences dans lequel elle travaille en Estonie. Par contre, tous les jours, nous avons cuisiné pour elle et lavé ses plats, nous avons fait sa lessive, qu’elle n’a même pas proposé de pendre ni de décrocher (même pas honte, la fille, quand même…). Bref, vous saisissez l’idée, je pourrais dresser la liste de tout ce qui nous a énervé, mais ce n’est pas la peine, cela servirait juste à m’énerver de nouveau.
Le côté positif, quand même, c’est qu’on aura entendu parler de l’Estonie, ce qui n’arrive pas tous les jours. Nous avons eu des conversations intéressantes avec elle, et cela nous a permis de découvrir une partie du monde qui nous était totalement inconnue.

Sa venue nous aura aussi permis de goûter la poutine d’Alberta. Nous voulions voir si cela ressemblait à la poutine québécoise, alors c’était l’occasion de lui faire découvrir et de nous faire une idée du produit local. La poutine en soi est plutôt bien passée, le fait que nous ayons dû « inviter » notre hôte a été un peu plus difficile à digérer. Pour ce qui est de la poutine, ben, ça reste un gros tas de patates avec de la sauce brune et du fromage qui fait couic couic (sauf que celui-là ne faisait pas trop couic-couic…). Nous n’avons pas été déçus.

Alors voilà, au bout de cinq jours, enfin, notre Estonienne s’en va. Elle part squatter cinq autre jours chez un autre couchsurfer, qui vient la chercher chez nous et tout, pauvre de lui, il ne sait pas à quoi il s’expose. Ça fait réfléchir, tout de même. Cette personne est membre des couchsurfers depuis 2007, et elle n’a toujours pas compris qu’il ne s’agissait pas simplement de profiter d’un logement (voire plus) gratuit. Je dois dire que je suis quand même un peu sceptique… Du coup, on va réfléchir à deux fois avant d’accepter les gens si longtemps.

Pour finir sur une note positive, aujourd’hui, nous sommes allés aider nos amis Colombiens Marcela et Carlos (les couchsurfers qui savent vraiment ce que c’est, le couchsurfing) à mettre tous leurs meubles au sous-sol. Ils partent dans un mois pour un voyage d’un an autour du monde et louent leur maison pendant ce temps. Cela nous a donné l’occasion de goûter une spécialité de chez eux. Tenez-vous bien : un mondongo.

C’est une soupe à base d’estomac de vache. Miam miam… C’était génial pour l’expérience. Par contre, la texture… Je n’ai pas adoré. En revanche, on a adoré partager ça avec eux, encore une fois. Il nous semble que nous sommes vraiment plus faits pour nous entendre avec les latino-Américains…


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