Partie II : Viñales et ses environs

Viñales et ses environs
Nous voilà donc à Viñales, petite ville de campagne de l’ouest de l’île située au fond d’une vallée inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et on comprend pourquoi lorsque l’on regarde par les fenêtres du bus juste avant d’arriver : c’est magnifique!
On se retrouve en fait dans des plaines desquelles émergent des buttes, comme de petites montagnes, que l’on appelle des mogotes.

Le paysage nous enchante dès le premier coup d’œil, et nous avons hâte d’aller l’explorer. Mais avant cela, nous allons découvrir la ville et notre logement.
Luis, le fils des propriétaires de la casa, nous accompagne jusque chez lui, et nous découvrons enfin le concept de la casa particular : on vit chez les gens, quasiment avec eux! On a une chambre dans leur maison, on rentre par leur porte, on mange à leur table des plats qu’ils nous ont préparés eux-mêmes. On n’en est pas encore à manger avec eux, mais franchement, il ne manque pas grand-chose. C’est un peu étonnant au départ de se retrouver sur la terrasse à boire un mojito avec le petit-fils Miguel qui nous tourne autour. Mais c’est cela que nous sommes venus chercher à Cuba, et cela nous plaît. Ici, nous allons pouvoir vivre au rythme des Cubains (enfin, presque, on est quand même des touristes, et eux, ils se lèvent à 5 h du mat’ pour acheter le pain au vendeur qui passe à vélo dans la rue en criant « El pan! El pan! »), découvrir leur mode de vie, parler avec eux (Violeta, notre hôte, est plutôt loquace…). Nous avons enfin le sentiment d’être en vacances.

Ce sentiment, nous le ressentons encore davantage an allant nous promener dans la ville. Le lieu nous a immédiatement rappelé à tous les deux Rurrenabaque, en Bolivie. Une rue principale agitée, et le choc de la tranquillité dès qu’on prend une rue parallèle; l’ambiance de village, festive; l’air humide et chaud; la « bienveillance » des locaux à l’égard des touristes parce qu’ici, ils ont compris que c’était leur gagne-pain… On se sent bien! Et, quelle chance, c’est la fête d’on ne sait pas trop quoi sur la place, ce soir (nous sommes arrivés en fin de semaine). Nous aurons donc la chance de voir chanter, entre autres, Yamila, la nièce de Violeta (on n’a pas adoré le style; par contre, le groupe de salsa d’avant, on a adoré!); d’assister à une fête à la cubaine, avec du rhum, du rhum, et encore du rhum; et de découvrir que toutes les occasions sont bonnes à Cuba pour faire un peu de propagande : la soirée se clôture sur un message à l’assistance pour remercier Fidel et le Parti de permettre que tout cela soit possible. En tout cas, nous passons une bonne soirée, et rencontrons même un (rare) Cubain qui a voyagé en France, notamment à Marseille, n’aimant pas le Pastis, complètement saoul, qui nous explique sans détour à quel point le régime cubain, « c’est de la merde » (en français, dans le texte), et que du coup, à part boire du rhum, il n’y a pas grand-chose à faire, parce que de toute façon, on ne pourra pas s’en sortir. Point de vue intéressant.

Nous passons trois jours à Viñales. Les touristes sont nombreux dans cette région, pour plusieurs raisons : la géologie et les paysages, la culture (de tabac surtout, un peu de café aussi) et la proximité de la côte nord de l’île et de plages magnifiques. Comme tout le monde, nous avons décidé de profiter de ces trois attraits. Le premier jour, après un ÉNORME petit déjeuner (le premier d’une longue lignée), nous prenons le temps de marcher tranquillement jusqu’à un hôtel situé à l’entrée de la ville, en hauteur, et d’où la vue sur la vallée est imprenable. Pour info, cet hôtel, aux prix horriblement inaccessibles et bien sûr réservé aux touristes les plus fortunés, est le seul endroit où nous avons entendu parler d’une machine acceptant les cartes de crédit! Autrement, à Cuba, tout se paie cash. En chemin, nous rencontrons un gentil monsieur, à l’affût du touriste, qui nous entraîne dans sa « ferme », où il cultive soi-disant du tabac, pour nous montrer comment on fabrique des cigares, et, bien sûr, essayer de nous en vendre.

Et bien sûr, ça fonctionne. Après sa petite démonstration et la dégustation de Stéphane, ce dernier ne peut s’empêcher de lui en acheter un petit paquet, à un prix un peu plus élevé que la normale, mais à Cuba, qui dit touriste, dit arnaque. Et qui dit arnaque, dit Stéphane énervé en découvrant qu’il s’est fait arnaquer chez un autre vendeur. Mais cela n’a pas duré, car en nous rendant un peu plus tard chez un autre exploitant, sérieux celui-là (enfin, autant que faire se peut; on est toujours des touristes…), il s’est rendu compte que finalement, l’arnaque n’avait pas été si grave que cela. Nous arrivons donc au point de vue sur la vallée, qui est en effet est exceptionnel, et en profitons pour nous promener un peu.

Puis nous redescendons et allons profiter de l’ÉNORME repas de Violeta. Au choix poisson, poulet, porc, homard; en accompagnement : riz, haricots rouges (parfois riz ET haricots rouges mélangés), pâtes et yucca, le tout à chaque repas, et là, pas le choix!

Il nous faut un peu de temps pour digérer, puis nous décidons d’aller nous promener un peu dans la campagne environnante. Ce sont principalement des terres agricoles, et en passant d’un chemin de terre à un autre, nous arrivons dans une espèce de ferme « bio » à moitié touristique. Le propriétaire ouvre son terrain gratuitement : on peut profiter de grottes, de murs d’escalades, car il y a des mogotes, donc du relief. En échange, bien sûr il vend ses cigares, des boissons dans un petit bar très agréable… rien de tel en fin de journée que de déguster un petit cocktail sous les palmiers.

Le lendemain, nous nous levons plus tôt car nous avons réservé une excursion à la grotte de Santo Tomás. Très impressionnante par son nombre de galeries, et bien sûr, les formations géologiques. Je laisse aux spécialistes le soin de se faire une idée.

Cela nous prend la demi-journée, et nous rentrons manger chez notre hôtesse avant de partir avec son fils pour un « tour guidé » des environs. C’est à peu près ce que nous avons fait la veille, mais plus loin. Et avec quelqu’un du coin, c’est toujours plus intéressant. Évidemment, c’est très orienté « touriste », donc les arrêts sont très bien choisis, à des endroits stratégiques : l’exploitation de tabac du copain (qui vend ses cigares), le petit bar en pleine cambrousse avec les amis qui jouent du Compay Segundo en prenant les promeneurs à parti (et qui vendent leur CD)… Mais cela nous permet de découvrir la vraie campagne cubaine en nous enfonçons un peu, de voir à quel point les travaux des champs sont encore pénibles à Cuba (nous avons dû voir un seul tracteur de tout notre séjour), et de nous rendre compte de la chance qu’on a, nous, pour qui tout est si facile.

Nous rentrons ensuite après ce bel après-midi de dépaysement, et buvons notre petite mojito quotidien (et oui, il est devenu quotidien!) sur la terrasse, avant d’aller nous coucher. Demain, direction la playa!

Et voilà : la magnifique plage de Cayo Jutías. La plage de carte postale. Eau bleu pâle totalement transparente (mais pas de poissons, parce que pas de corail), sable blanc, aucun déchet (je le précise parce qu’on ne prend pas autant de soin pour nettoyer les plages sur lesquelles vont les Cubains; ces derniers ont le droit de venir ici, mais très peu le font). Le paradis! Nous passons une vraie journée de vacances à ne rien faire et à brûler sur la plage. Car oui, que serait une journée de plage pour nous si on ne brûlait pas??? Pourtant, nous étions préparés (nous n’allions pas refaire la même erreur qu’à Hawaï) : crème solaire indice 60, installés sous une cabane de palmier (3 CUC la journée, quand même), nous pensions être parés. Et bien non. Nous sommes rentrés rouge écrevisse. Notre erreur? Avoir acheté une crème solaire de marque canadienne, fabriquée au Canada, mais de marque… inconnue. Donc je le dis et je l’affirme, c’était la dernière fois que nous brûlions ainsi sur une plage. Je pense que là, nous avons fait face à toutes les situations possibles et imaginables. En tout cas, heureusement que nous avions un tube neuf et plein de Biafine. Nous sommes revenus sans! Mais quand même, la plage était vraiment magnifique.

C’est là-dessus (et sur un dernier mojito sur la terrasse, pour faire passer la douleur) que se termine notre séjour à Viñales. Nous prenons le bus le lendemain matin (très tôt). Direction : Cienfuegos, sur la côte sud. Cette ville, moins touristique, est réputée très agréable et différente de par son architecture française, et non espagnole. Nous allons découvrir cela!


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