Un mois dans le Grand-Nord Canadien

Alors voilà. Après notre visite au nord du 60e parallèle cet été, lors de laquelle nous avons pu vivre l’expérience du soleil de minuit et des moustiques que jamais dans ta vie t’en as vu des comme ça, nous nous sommes dit que nous pourrions vivre l’expérience de l’hiver dans le Grand Nord. Nous avons donc décidé de profiter de la liberté que nous offrent nos emplois respectifs (il était temps, me direz-vous), et de repartir à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, mais pour un mois cette fois. Pourquoi? Par curiosité. Pour le dépaysement. Pour la beauté des paysages qui ne nous sont pas familiers. Pour vivre des températures inférieures à -25 degrés au quotidien. Pour voir des aurores boréales…

C’est donc décidé, nous partons. Bon, avant, il y quelques détails à régler : moyen de locomotion, logement, chat. Mais il ne nous a pas fallu tellement de temps pour nous organiser. D’abord, le logement : le house sitting (comme le baby sitting, mais pour les maisons…) est très répandu dans les contrées nordiques. Les températures sont si froides que les gens ne sont pas autorisés à laisser leur maison sans chauffage pendant de longues périodes, au risque de se voir refuser l’assurance habitation. Dès qu’ils partent, ils cherchent donc quelqu’un pour vivre chez eux et faire tourner le chauffage, contre un petit loyer, ou pas. Certains voient juste cela comme un échange de services, pour d’autres, c’est également un moyen de se faire un peu d’argent. Qu’importe, cela permet à des voyageurs, ou même à des locaux (certains ne vivent que comme cela et passent d’une maison à l’autre en fonction de l’absence des propriétaires) de se loger pas cher, et dans un contexte différent de celui des résidences touristiques. Après quelques recherches et annonces publiées, nous avons rapidement trouvé un gentil couple qui nous a proposé de garder leur maison (et leur chienne Ora; il arrive souvent que les gens laissent leurs animaux de compagnie aussi) pour le mois complet. Exactement ce qu’il nous fallait, c’était réglé! Ensuite, le moyen de locomotion. Nous avions au départ décidé de louer une voiture et d’emmener le chat (moi et mes idées de vouloir toujours l’emmener avec nous, alors que lui, il est si bien à la maison…). Finalement, vu la situation canine de notre logement, nous avons renoncé à ce choix, et avons opté pour l’avion. Au final, c’était plus économique (qui l’eût cru…), et plus rapide. Et sachant que les propriétaires nous laissaient leur voiture (oui, ça aussi, ils le laissent. Il faut faire tourner la voiture tous les jours à ces températures, alors c’est généralement inclus dans le deal.), en louer une aurait fait double emploi. Deuxième question réglée. Restait le Kroutchouk à faire garder. Pendant un mois, c’est long. Et c’est un budget aussi. Nous avons donc décidé de louer notre appart’ pendant un mois à des gens qui accepteraient de s’occuper du chat. En échange, on leur réduisait le loyer. Nous avons été chanceux et avons trouvé tout de suite les locataires parfaits. Le loyer nous permet ainsi de rentrer dans nos frais, ou presque, notre maison est habitée, et notre minou chouchouté. On ne pouvait pas rêver mieux!

C’était donc le grand départ le dimanche 31. Arrivée à Yellowknife à 19 h 30 et… il fait FRETTE!!! Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas ressenti un -30 degrés pour de vrai. On redécouvre avec plaisir (si, si, je vous jure) les poils de nez qui gèlent instantanément. Nous avons été récupérés par nos « hôtes » qui nous ont fait faire le tour du proprio pour nous donner les instructions avant leur départ, et voilà! C’est parti pour un mois.

Jour 1 (ne vous inquiétez pas, je ne ferai pas ça pour tous les jours. Seulement ceux qui sont intéressants. Enfin, après celui-là, quoi 😉 )
Arrivée à 19 h 30. Rien de palpitant à raconter.

Jour 2
Comme à la maison, boulot. Puis le soir, courses pour remplir le frigo vide. Pas très intéressant, hein! Sauf qu’à 23 h, après avoir décidé d’aller nous coucher, en regardant la super page Internet de l’Agence spatiale canadienne qui permet de voir en direct les aurores boréales au-dessus de Yellowknife (http://www.asc-csa.gc.ca/fra/astronomie/auroramax/default.asp), ben… il y en avait. Alors on est sorti, par très très froid, on a conduit jusqu’à un endroit sombre… et elle était là. Au-dessus de nos têtes. C’était juste magique. Pas de preuve à vous montrer, c’était la première, on n’a même pas emporté l’appareil photo. On voulait en profiter. On se lancera dans les essais techniques la prochaine fois, si on arrive à manipuler l’appareil avec les gants, parce que sinon, on va perdre nos doigts. Personnellement, je préfère ne pas prendre de photos, mais garder mes doigts. 😉

Jour 4
On est chanceux, on n’a pas à sortir de la maison pour aller bosser. Surtout que cette semaine, la ville a organisé l’événement « Walk to work week » (« Cette semaine, on va au travail à pied » – traduction libre, vous pouvez apprécier ici mes talents). Le pire, c’est qu’il y en a qui le font…

Premier week-end
Enfin, c’est samedi. Enfin, on va pouvoir explorer… Bon, on s’est levé un peut tard, mais il nous restait suffisamment de temps pour aller découvrir les environs. Faut pas se rater, par contre, parce que quand tu te lèves à 11 h, ici, tu sais qu’il te reste plus qu’à peu près 5 heures de lumière… C’est pas dans nos habitudes de nous lever si tard, mais on a passé la soirée du vendredi chez un couple de Français qui nous a été présenté par les proprios de notre maison. Ils vivent ici depuis quelques mois. Bref, on s’est couché un peu tard. Et le matin, ben, comment dire… On n’a pas eu un chat qui nous a réveillé à 7 h parce qu’il avait faim. Les chiens, c’est beaucoup plus cool, pour ça. Tant que tu te lèves pas, ils se lèvent pas. Et même, quand tu te lèves… il leur faut du temps pour se lever!

Du coup, le temps de se bouger, on a dû sortir de la maison à 12 h 30/13 h. Direction, la route de glace sur le Grand lac des Esclaves, accessible depuis le centre-ville. L’été, ben, c’est un lac, sur lequel on se déplace en bateau. Il y a d’ailleurs des maisons-bateaux dessus (on en avait parlé rapidement là). Mais l’hiver, c’est tout gelé. Du coup, les habitants des maisons-bateaux vont en ville à pied, voire en ski de fond, et ceux du village d’en face, en voiture. C’est vraiment impressionnant (ça peut même faire un peu peur) de voir tous ces véhicules rouler sur l’eau. On se rend pas compte que c’est de l’eau, bien sûr, mais quand on y pense et qu’on sait que c’est le lac le plus profond d’Amérique du Nord…on serre un peu les fesses. Par contre, le temps n’était pas dégagé, alors on y retournera sous le soleil. Une si grande étendue blanche sous un soleil éclatant, ce sera magnifique!

Le lac est aussi un énorme terrain de jeu. On y voit des motoneiges, des skieurs, le château de glace pour le festival qui aura lieu au mois de mars et qui est en pleine construction… Il y a même des kite skieurs (comprendre kite surfers, sur la neige et avec un snowboard aux pieds)! Tout un dépaysement.

Après cela, la journée était quand même bien avancée. Nous sommes donc rentrés tranquillement et nous sommes installés au coin du feu (foyer au bois très chaud, c’est cosy dans le salon à +30 degrés 😉 ) pour une soirée tranquille, après un bon repas. Figurez-vous qu’on a trouvé du cassoulet du sud-ouest à l’épicerie fine du coin. On était mort de rire, sachant que le ravitaillement est quand même assez compliqué vu la situation géographique de la ville, et qu’on n’a même pas trouvé de poireaux pour faire une soupe! Bon, par contre, c’était pour se faire un petit plaisir unique qu’on ne renouvellera probablement pas à ce prix-là!

Dimanche est un grand jour. Nous avons été invités par les amis des gens chez qui nous avons mangé vendredi au chalet d’un de leurs amis (vous avez suivi?) sur un lac, à une trentaine de kilomètres de Yellowknife, pour pêcher sur la glace. Ça faisait vraiment longtemps qu’on voulait essayer ça, et la possibilité de le faire sans passer par une agence de voyage rend l’activité encore plus intéressante. Avant de partir, nous nous étions engagés à participer à une activité crêpes/danse latine organisée par l’association francophone de Yellowknife. Nous sommes donc aller manger quelques crêpes, et Stéphane a pu s’initier à un pseudo cours de zumba. Je vous laisse imaginer son engouement. Malheureusement, je n’ai pas été assez rapide pour immortaliser ce grand moment. Après cette petite parenthèse, nous nous sommes donc rendus au bord d’un lac, que nous avons traversé à pied pour atteindre le chalet situé de l’autre côté. Le paysage était magnifique, et la température ravigotante! Un petit -25, ça se sent. Mais sans vent et en mouvement, ça se passe bien. Alors, pour pêcher sur la glace, il faut commencer par faire des trous. De nos jours, ça se fait en total accord avec la nature, de façon ancestrale : à la perceuse à glace, alimentée à l’essence. Faut ce qu’il faut! Une fois les trous percés, ce qui prend quand même un peu de temps avec une épaisseur de glace de 80 cm, on installe les lignes, on met un appât, et voilà. Y a plus qu’à aller se réchauffer au chalet avec une ‘tite bière et revenir de temps en temps pour voir si ça mord. Bon, normalement, il faut rester dehors pour surveiller, mais on a fait une exception. Et quand on est ressorti pour vérifier les lignes, devinez quoi : ça avait mordu. Une belle truite attendait sagement qu’on vienne la décrocher.

Par contre, nous n’avons pas goûté ce festin. D’abord, la bête était un peu petite pour six personnes. Et nous avions un peu la flemme de faire durer la soirée. Nous sommes donc rentrés après avoir de nouveau traversé ce joli lac à pied, à la lumière du soleil couchant, et repris la route jusque chez nous. Grand bien nous en fit, car cela nous a permis de finir cette journée de plein air sous un spectacle exceptionnel : des aurores boréales partout. Dès 18 h! Nous sommes donc allés en prendre plein la vue dans l’obscurité, et nous n’avons pas été déçus.

Jour 10
Soirée mémorable sous un ciel magnifique. Par contre, pour voir cela, il faut être bien préparé : les extrémités gèlent vite à -30, et il est bien difficile de les réchauffer. Et on ne se couche pas tôt. Mais cela vaut tellement la peine! Stéphane a (presque) cessé de pester contre les températures et la télécommande de l’appareil photo qui ne fonctionne pas : il a trouvé les bons réglages pour faire des photos parfaites.

Mais on attend tout de même la prochaine occasion pour voir si on ne peut pas faire mieux. Peut-être à un meilleur endroit parce que, nous ne nous en étions pas rendu compte qu’il y avait une jolie ligne électrique juste au-dessus de nos têtes. Ça ajoute une touche personnelle aux clichés…

Deuxième week-end
Il fait nuageux depuis quelques jours, les températures ont un peu monté (-10/-15, c’est l’été, quoi). Ce samedi, on n’a pas grand-chose de prévu. Notre mission : aller acheter du poisson directement dans le bateau du pêcheur, pris par les glaces sur le lac. Cela nous donne l’occasion d’emmener Ora se promener. Mais nous revenons bredouille. Après avoir tenté d’ouvrir toutes les portes du bateau, nous n’avons rien vu, ni personne. Pas de poisson, donc. Mais nous avons découvert le magasin fourre-tout de la ville : alimentation en bas, vêtements de plein air en haut. Stéphane veut de nouvelles bottes d’hiver (les siennes sont coupées et il prend l’eau), et des gants de trappeur. On a pris nos marques. Nous reviendrons.

Dimanche, il refait beau… et froid! Le vent est glacial. Mais nous nous motivons tout de même pour aller faire un tour sur le lac. Il paraît qu’il y a des « grottes de glace » à voir dans un petit sentier. C’est donc notre (première) mission du jour. Après avoir cherché un peu, nous avons trouvé un mini canyon. Comme tout est gelé et blanc, on ne voit pas grand-chose, alors on avance un peu sans savoir, et nous atteignons les fameuses « ice caves », des cascades de glace, en fait. Mais jaunes. Pas très impressionnant. Cela nous a quand même donné l’occasion de faire une belle balade. On ne se lasse pas de marcher sur ces immenses étendues blanches balayées par le vent! Pour prolonger la promenade, puisque nous sommes (encore) sur le lac, nous décidons d’aller à pied de l’autre côté pour tenter de relever notre deuxième mission : acheter du poisson! On va bien finir par y arriver, quand même! Et ben non. Ce coup-ci, aucune place au doute. Il y a un gros message sur la porte disant que monsieur le pêcheur est parti pêcher, et qu’il sera de retour vers 14 h. Il est midi. Pas trop envie d’attendre par -25 devant le tanker. C’est donc encore un échec. Après cela, nous rentrons nous réchauffer. Le grand air, ça fatigue.

Lundi, on ne travaille pas!!!!!!! C’est le jour de la famille, Stéphane a congé. Moi aussi, du coup. Nous décidons d’aller faire une petite attraction touristique : le diamond centre. Vous savez bien sûr que le ville de Yellowknife vit de l’exploitation de mines de diamant dans le Nord. Ah non? Bon, et bien maintenant, vous le savez. Quatre mines de diamant sont exploitées autour de la ville (enfin, quand on dit autour, on parle d’une distance d’au moins 500 km, on n’y va qu’en avion), et ce secteur emploie une bonne partie de la population ici. D’ailleurs, les propriétaires de notre maison travaillent tous les deux dans une mine. Bref. Nous aimerions bien en savoir plus sur le sujet, et il y a une sorte de musée du diamant, que nous sommes allés visiter lundi. Bon, soyons clair dès le départ, c’était nul. On n’a (pratiquement) rien appris, si ce n’est le prix des bijoux. Oui, parce que le « musée » est en fait un magasin, dans lequel on peut regarder une mini expo de trois panneaux qui montrent des photos des mines et une vidéo commerciale sans aucun intérêt. Pas très impressionnant. Nous avons quand même vu comment on polissait la pierre, puisqu’il y a avait une pseudo démonstration. Mais l’important pour eux était quand même de vendre des cailloux à des clients asiatiques… Alors puisqu’il nous restait du temps après cela, nous sommes allés… CHERCHER DU POISSON! Stéphane n’en démordait pas, il voulait son poisson frais du lac. Et nous avons réussi. Le pêcheur était là, dans son beau tablier de plastique épais, tuque sur la tête, en train de faire des filets dans un animal de 80 cm de long. Pas très ragoûtant, surtout pour moi qui ne suis pas fan de tout ça. Et puis il faut le dire, quand même, ça sent pas très bon. Pourtant, il est frais, le poisson! Bon, alors, on n’y connaît rien dans les espèces. On sait qu’il y a des truites, des brochets, des poissons blancs… Le pêcheur nous demande ce qu’on veut et nous dit qu’il a du poisson blanc. Parfait! Il nous coupe 6 filets, super beaux : 9 $ la livre. Pas cher! On pourra en congeler. On ne sait jamais, on pourrait ne jamais pouvoir lui en racheter vu comme c’est compliqué! En tout cas, c’était toute une expérience, d’aller sur ce bateau à moitié épave en traversant le lac à pied (ou en voiture), de rentrer dans cette salle de filetage et de voir tous ces bacs remplis de bestioles… il y avait une tête de truite énorme, la bête devait faire au moins 1 mètre avant la coupe! Dommage, on n’avait pas de quoi prendre des photos!

Après cela, Stéphane avait fait sa liste de courses, alors nous sommes retournés au magasin. Nous sommes ressortis avec de magnifiques bottes d’Indien, et une paire de moufles super chaudes (enfin, on espère). De quoi résister au froid jusqu’à la fin de notre séjour!

Jour 15
Lendemain de victoire de poissonnerie, il fallait goûter ça. Verdict : super bon. J’imagine que le cuistot (comprenez « pas moi ») y est pour beaucoup. Et puis, c’est tellement satisfaisant de manger des produits d’ici, achetés à un producteur d’ici. Vive le commerce local!

Jour 16
Des aurores et un nouveau point de vue pour les admirer. Le lieu est vraiment joli. L’aurore était assez pâle, et c’est la pleine lune, mais notre photographe a su faire de très jolis clichés.

Troisième week-end
Fin de semaine plutôt calme. Nous sommes allés nous promener sur le lac près des maisons-bateaux (on ne s’en lasse pas), nous sommes montés au Pilot monument où nous n’étions pas encore allés depuis notre arrivée (trop de touristes asiatiques) pour admirer la vue sur le lac et les maisons-bateaux (eh oui, encore), nous sommes allés faire un tour à l’office de tourisme, juste pour voir (mais on a vite regretté, nous étions encerclés par les touristes asiatiques…), Stéphane a acheté de l’imperméabilisant pour ses nouvelles bottes d’Indien et nous avons conduit jusqu’au Prosperous lake, où nous avions passé la nuit l’été dernier (sans dormir, à cause des moustiques qui avaient trouvé le moyen d’entrer dans le van). C’est l’endroit parfait pour venir voir les aurores. Le seul « problème », c’est que c’est quand même un peu loin. Mais on est dans le noir complet pour le coup, alors ça vaudra la peine d’y venir une de ces nuits. Mais pour l’instant, le déplacement nous permet de faire une petite balade dans les paysages typiques d’ici : tout plat, tout blanc, sous un grand ciel bleu et un beau soleil. Et toujours cette excitation de rouler et de marcher sur la glace.

Le dimanche soir, on voyait des aurores à l’écran, alors nous avons décidé d’aller tester notre nouveau point de vue. Il faisait vraiment froid, genre -35! On a roulé et roulé. On voyait les aurores sur la route. Puis nous sommes arrivés à l’endroit prévu, et là : plus rien! Enfin, nous, on ne voyait plus rien. L’appareil photo, lui, il distinguait des petites choses. Je suis d’ailleurs toujours étonnée de voir ce qu’il capte par rapport à nous, et cela ne me plaît pas toujours, parce que ça donne des photos qui ne rendent pas exactement ce que nous avons vu à l’œil nu. En tout cas, Stéphane a passé un peu de temps dehors à faire joujou, ce qui a donné lieu à de très belles photos de nuit… mais pas d’aurores. Nous sommes donc repartis bredouille, et gelés (enfin moi, pas trop, j’étais restée en voiture 😉 ).

Une petite parenthèse sur le tourisme asiatique aux Territoires du Nord-Ouest. Il est très actif! On ne croirait pas, comme ça, qu’une petite ville comme Yellowknife, perdue tout en haut de la carte, et où il n’y a pas grand-chose à faire, attire autant le Japonais. Et bien si! Ils arrivent en groupe (gros groupes) et prennent la ville d’assaut pendant la durée de leur séjour. Pourquoi? Les aurores boréales. C’est vrai, les aurores boréales font rêver. Mais particulièrement le touriste asiatique (oui, j’ai dit Japonais parce qu’il me semble qu’ils sont présents en majorité, mais je sais qu’ils ne sont pas les seuls touristes asiatiques). Je ne sais pas pourquoi. On rencontre bien un ou deux touristes occidentaux par-ci, par-là, mais c’est tout. Le reste est asiatique, et l’offre touristique est bien adaptée : toutes les agences de tours et excursions sont orientées vers ce public, les guides parlent japonais (ou autre), la documentation est même parfois disponible uniquement dans ces langues. On les repère facilement, car, comme ils arrivent sans équipement, les agences leur louent des vêtements chauds, de la même couleur pour pouvoir les repérer. On voit donc partout en ville des troupeaux de Canada goose (la marque, pas l’animal) rouges ou bleus, selon l’agence avec laquelle ils ont fait affaire. C’est assez drôle!

Jour 25
Depuis la dernière sortie, le ciel a été couvert presque toutes les nuits (alors qu’il faisait grand beau la journée), et le temps a été particulièrement doux. Il est sûr que nous ne nous attendions pas à vivre des températures tournant autour de 0 en journée! La neige fond (un peu), et la voiture dégèle (ça, ce n’est pas plus mal, parce qu’on ne peut ouvrir ni les vitres, ni le coffre…). Mais aujourd’hui, nous avons vraiment profité de cette douceur. Nous avons eu beaucoup de chance car le ciel était découvert, et dès 19 h 30, une belle aurore a pointé le bout de son nez. Toutes les conditions étaient réunies. Nous avons pu profiter d’un très beau spectacle à deux endroits différents, sans être pressés de rentrer au chaud parce que nos doigts étaient gelés. C’est vrai, à -10 degrés, c’est l’été!

Petite parenthèse sans rapport : nous sommes impressionnés par la vitesse à laquelle les jours rallongent. À notre arrivée, le soleil se levait vers 9 h et se couchait vers 16 h 30. À présent, il fait jour quand nous nous réveillons à 7 h, et la nuit n’est pas encore tout à fait tombée à 19 h. C’est incroyable!

Samedi 27
Grosse journée aujourd’hui! Nous nous sommes inscrits à un atelier organisé par Charissa Alain-Lilly pour apprendre à fabriquer des mocassins. Au programme, 6 heures de couture et de travail du cuir en vue de repartir avec nos mocassins sur mesure, fabriqués par nous. Charissa, dont le métier consiste à offrir différents ateliers de ce genre, nous présente donc les techniques ancestrales et nous accompagne pas à pas dans la confection. Nous choisissons notre peau (orignal, veau…), dessinons notre patron, et cousons, cousons, et cousons encore. On utilise une aiguille un peu spéciale, plus pointue que les aiguilles traditionnelles et tranchante sur les bords, pour pouvoir traverser le cuir. Le fil est particulier aussi. À l’origine, il s’agissait de nerf d’orignal. Maintenant, c’est un fil synthétique, mais il est recouvert d’une sorte de graisse, ce qui le rend plus résistant. Une fois l’assemblage terminé, on ramollit le cuir, on ajoute une bordure, puis on coud la fourrure (de castor), et voilà!

Un jeu d’enfant! Bon, par contre, nos doigts sont plutôt en mauvais état à la fin de la journée, notre dos aussi… Et on n’a pas fini, il y a encore un mocassin à faire. Mais on est vraiment content du résultat! Et Stéphane s’est fait remarqué par Charissa, qui était enchantée d’avoir enfin un homme à l’un de ses ateliers. En plus, il savait coudre. Et vite! Il est le seul à avoir terminé son premier mocassin avant la fin du cours! Elle était très impressionnée et n’a pas arrêté de le prendre en photo. Et voilà à quoi servent tant d’années de couture d’écussons « No future » et « Motörhead » sur ses vestes en jean. Comme quoi, être punk, c’est payant!

Il refait très froid depuis quelques jours. On est à -35 le matin, et ça ne monte pas beaucoup au-dessus de -25 la journée. Alors la voiture a décidé de faire des siennes, la batterie n’ayant pas eu l’air de résister à ces changements de températures soudains et extrêmes. Pas étonnant, me direz-vous. Nous avions pourtant bien suivi les instructions des propriétaires : la faire tourner tous les jours. Mais rien à faire, elle ne veut plus démarrer seule. Heureusement, le colocataire de la maison laisse sa voiture ici pendant son absence, et Stéphane a trouvé des pinces crocodiles dans le garage. Cela complique quand même un peu les choses. Le démarrage aux pinces croco tous les matins, ça prend un peu de temps. Heureusement que nous n’avons pas besoin de la voiture pour aller travailler.

Mercredi 2
Des aurores, encore des aurores, toujours des aurores. Une vraie chance pour nous, il ne nous reste plus que quelques jours à passer ici. Et malgré le froid polaire, nous nous rendons sur le lac pour profiter une dernière fois de ce spectacle magique.

Les derniers jours passent bien vite : une dernière promenade sur le Grand Lac pour admirer le château terminé et les sculptures sur glace, un brunch dans l’un des endroits soi-disant incontournables de la ville (le Dancing Moose cafe – trop cher, comme tous les restaurants de Yellowknife), quelques derniers achats… et nous voilà de nouveau dans l’avion qui s’envole vers la grande ville. À notre arrivée, il fait doux et la neige est complètement inexistante à Calgary. À Canmore aussi. Au sol, en tout cas. Les sommets sont tout de même encore blancs. Et c’est ainsi que se termine cette aventure dépaysante d’un mois. Nous reprendrons vite nos habitudes… jusqu’à la prochaine fois!


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