La grande traversée

Pour la cinquième fois, nous traversons le Canada par la route. Cette fois, ce sera la dernière. Le chemin nous paraît plus long à chaque passage. Ceci dit, nous partons de plus loin à l’ouest pour nous rendre plus loin dans l’est. Et cette fois, avec une remorque, on avance moins vite… Alors on trace. Pas d’arrêt touristique pour nous, même s’il y aurait à faire. On se rend bien compte qu’il y a encore tant d’endroits à explorer. Mais il faut savoir lâcher prise aussi. On ne verra jamais tout. Le monde est trop vaste. Et notre nouvelle aventure nous prépare de belles surprises, c’est certain.
Nous avons donc quitté Cumberland, sur l’île de Vancouver, le jeudi 29, aux aurores, plus tard que prévu car Étienne a encore fait des siennes et n’a pu résister à l’envie de passer un petit séjour au garage Toyota de Courtenay. Il fallait changer trois pièces (U joints, ça vous dit quelque chose?) qui n’étaient bien sûr pas en stock. Il a donc fallu attendre. Pas si grave, nous étions en visite chez nos amis Anne et Ronan. Le séjour s’est un peu prolongé, mais ils nous ont accueillis à bras ouverts. Cela nous a permis de passer plus de temps avec eux, ce qui nous a fait bien plaisir après trois ans.

Après ce petit contretemps, nous avons embarqué à Nanaimo sur le traversier de 8 h 25 du matin. Une fois sur le continent, nous avons avalé les kilomètres. Les quelques brefs arrêts se sont limités aux motels, aux stations-services, aux toilettes et aux supermarchés. Première nuit à Revelstoke, où nous avons retrouvé les Rocheuses, les lignes de chemin de fer et leurs trains interminables, et les premières neiges. Le centre-ville de Revelstoke se trouve le long de la gare de triage. Nous avons été bercés par le doux son des wagons qui claquent les uns après les autres. Nostalgie, quand tu nous tiens… Mais étonnamment, cela ne nous a pas empêché de dormir! Le deuxième jour, nous prévoyons passer la nuit à Medicine Hat, à l’est de l’Alberta.

On se lève tôt car des chutes de neige sont annoncées en fin de matinée et on ne veut pas se retrouver bloqués dans le parc Glacier et le terrible col Rogers. L’ascension du col se fait lentement sous une légère neige. Il y a un peu de nous dans cette région ou un peu de cette région en nous… Nous y retrouvons nos bonnes habitudes (ou nos bonnes adresses) et faisons un arrêt ravitaillement à Golden. Direction le Bacchus café pour y déguster un bon café et un bon muffin. Notre arrêt suivant se fera de l’autre côté des Rocheuses, à Canmore, pour un ravito d’essence.

Après ces deux arrêts, nous roulons jusqu’à Medicine Hat et devons nous arrêter à l’entrée de la ville car le voyant des pneus s’est allumé. À vue d’œil, les pneus ont l’air suffisamment gonflés pour conduire les trois derniers kilomètres qui nous séparent du motel. Il commence à faire froid alors la pression est peut-être trop basse. Je la refais donc avant la nuit et la vérifierai le lendemain matin avant de partir. Arrive le petit matin et force est de constater que le pneu avant gauche fuit. Il y a d’ailleurs une belle pièce de métal enfoncée dedans. Nous ne pourrons pas aller bien loin comme ça. Il faut trouver un garage qui accepte de nous prendre sans rendez-vous, car nous ne voulons pas attendre trop longtemps. Après quelques tours en ville à chercher un garagiste disponible, nous en trouvons finalement un qui accepte de nous aider. Seul problème, il faut enlever la remorque pour amener la voiture sur le pont. Elle est tellement lourde qu’elle est impossible à soulever, Il faut donc la vider entièrement sur le parking. Mélanie est de surveillance des cartons pendant que j’amène Étienne au mécano.

Après une heure d’attente et trente minutes dans l’atelier, nous raccrochons la remorque au cul d’Étienne, la rechargeons et repartons vers midi de Medicine Hat avec quatre pneus gonflés à bloc, prêts à rattraper notre retard. Notre destination est Moosomin, à presque 700 km. Nous y arrivons en soirée. Avec le vent dans le dos (et quel vent!) et la platitude des prairies et des lacs salés, nous avons avalé les kilomètres bien plus vite…

Notre seul arrêt aura été à Moose Jaw. On ne voulait pas manquer la curiosité de la ville: Mac l’orignal! Nous l’avions manqué lors de notre dernier passage, étant arrivés de nuit. Saviez-vous que la Norvège et le Canada se battent pour le titre de plus gros orignal du monde. En 2015, après 31 années de règne, Mac a perdu son titre face à Storelgen, The Big Elk, le dépassant de 50 cm. Les norvégiens apprendront à leurs dépens qu’il y a certaines choses que l’on ne peut pas faire aux Canadiens. Il faudra quatre années à Mac pour reconquérir ce titre et ce grâce à un plus grand panache de bois installé en 2019, clouant ainsi le bec des norvégiens. Jusqu’à quand?

De gauche à droite : Mac the Moose et Storelgen

Mais quittons les orignaux pour revenir à nos moutons.

Nous partons de Moosomin assez tôt pour une quatrième journée de longue route. Il fait froid ce matin. -10. On l’avait un peu oublié mais l’hiver arrive… Aujourd’hui, nous voulons dormir en Ontario. C’est la province la plus grande d’ouest en est et nous voulons la traverser le plus vite possible. Après presque 1 000 km, nous décidons de nous arrêter, il fait nuit et nous choisissons un petit motel quelque part à environ 50 km au nord de Thunder Bay.

Bien que longue, la cinquième journée sera malgré tout agréable. Plus de 1 000 km nous séparent de Sudbury. Nous longeons les rives du lac supérieur sous un vent de sud. Le lac se déchaine, les énormes vagues viennent se fracasser contre les falaises de granite. On se croirait en Bretagne ou en Irlande. C’est magnifique. Mais à trop regarder le paysage, on en oublie le principal: la route… Nous arrivons à Sudbury en début de soirée, sous la pluie, fatigués mais contents car demain, on sera au Québec; plus précisément à Lachine, dans la banlieue montréalaise, chez Marie et Herbie! Yeeaaahh… Que la fête commence!

Sudbury-Montréal : 680 km. Cela nous semble tellement peu après ces deux journées. Alors, on se lève plus tard, on prend notre temps au petit-déjeuner, on fait une pause café à Ottawa et arrivons à Montréal en fin d’après-midi, en pleine heure de pointe. Nous sommes heureux de retrouver Marie et de faire la connaissance d’Herbert. Mélanie et Marie ont même le temps de prendre un petit cours de fitness privé. On aimerait rester plus longtemps mais le temps presse, nous devons être à Halifax le 9 novembre pour rendre la remorque et commencer notre confinement. Nous restons une journée à Montréal en bonne compagnie et reprenons la route pour nous rendre à Québec et retrouver Clémentine, Manu et leurs trois filles que nous n’avions pas vus depuis 2015!

Les festivités terminées, nous entamons la fin de notre périple: l’entrée dans la bulle atlantique. Je m’explique. Les provinces atlantiques, j’entends le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’île du Prince-Édouard, et Terre-Neuve et Labrador ont décidé de se désolidariser du reste du Canada le temps de la pandémie. Toute entrée dans cette bulle doit être déclarée et un confinement y est imposé avant de pouvoir s’y déplacer librement. Nous entrons finalement le 9 novembre en Nouvelle-Écosse. Arrivés a Halifax en fin de matinée, nous nous débarrassons de la remorque, mettons nos affaires dans un entrepôt et attendons tranquillement de l’heure d’entrée dans notre BnB.

En résumé, nous aurons roulé 6 075 km, consommé 840 litres d’essence, acheté 3 paquets de chips, 12 americanos et 20 cookies vegan. Encore un joli road trip à ajouter sur notre liste…


3 pensées

  1. wouaaa! je venais d’écrire un long commentaire qui s’est effacé:( Flutte alors. Je disais donc : Bienvenu à l’est ! vous vous rapprochez des Pyrénées et ça fait plaisir. Comment va Kroutchouk? Avez-vous pu vous arrêter à Canmore quelques heures/minutes ? Dans l’attente de pouvoir crapahuter ensemble dans les montagnes des Pyrénées (ou j’habite vous l’aurez compris) et vous présenter my babyboy. Des bisous

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