La Capitale Nationale

Voilà presque 3 mois que nous y sommes. Le retour à la ville ne s’est pas fait facilement. Le monde, le bruit, la circulation, les sirènes, les cônes orange et les déviations qui vont avec… Autant vous dire que nous avions oublié tout cela et que l’emménagement n’a pas été très agréable. D’abord, nous sommes entrés dans un appartement sale, nous avions oublié cela, les appartements rendus sales. Ni dépôt de garantie, ni état des lieux de fin de bail au Québec, alors les locataires ne se gênent pas pour laisser les appartements sales. Il a fallu tout nettoyer de fond en comble, lessiver les murs avant de pouvoir installer nos affaires et j’en passe… Petit saut dans le temps, cela m’a rappelé lorsque nous avions emménagé en 2007 dans notre premier appartement sur la rue de la Ronde, nous avions dû le nettoyer à grande eau tellement c’était dégueu mais sans meuble et cartons, c’était bien plus facile. Tout cela ne m’avait pas manqué. 4 semaines avant de se sentir réellement chez soi, c’est quand-même long.

Quitter une province anglophone pour une autre province anglophone, c’est facile. Il y a des démarches, certes, mais elles se font tranquillement, ça coule tel un fleuve tranquille. Emménager au Québec, même si c’est le Canada, c’est un long chemin de croix. Rien n’est facile et particulièrement, l’administration en charge de collecter l’impôt, j’ai nommé Revenu Québec. Applaudissements… Il y aurait un roman à écrire à ce sujet. Pour faire une histoire courte, une fois nos profils d’auto-entrepreneurs activés chez Revenu Québec, j’ai trouvé dans la boite aux lettres un avis de contrôle fiscal pour non-déclaration avec menace de devoir payer des intérêts sur les impôts non payés pour une période où… accrochez-vous bien… je n’étais même pas résident de la dite « belle province ». C’est Brazil, Buttle et Tuttle, l’administration a toujours raison… Avec Revenu Québec, nous avions vraiment l’impression d’être dans un monde parallèle. Tout cela a beaucoup occulté le côté agréable du déménagement.

Côté positif de tout cela, nous redécouvrons notre ancien quartier. Nous sommes toujours en basse ville. 14 ans plus tard, on peut voir que la gentrification du quartier n’a pas vraiment fonctionné. La rue St-Joseph compte toujours son lot de sans-abri, punks, junkies, prostituées, weirdos, en contraste avec les bars, restaurants, cafés et magasins branchés pour les personnes bien plus aisées. Nous avons rapidement eu la visite de Julie puis de Marie. Ensemble, nous avons écumé les rues de Québec, nous sommes allés voir les Nanas de Niki de Saint Phalle au musée des Beaux-Arts. Autant profiter de ce que la ville a à nous offrir, nous avons donc pris un abonnement au musée de la civilisation.

FOLLOW THE LEADERS, inaction politique et dérives du capitalisme d’Isaac CORDAL

Nous découvrons les marchés fermiers de quartier et celui de la 3ème avenue nous a conquis; c’est à 10 minutes à pied de chez nous et nous y trouvons nos légumes pour la semaine. Mais c’est déjà la fin de l’été et la fin des marchés alors on s’est inscrit aux paniers d’hiver des Jardins de Cap-aux-Oies. Pari osé pour ces maraîchers des environs de Baie St-Paul, Nous verrons bien ce que nos paniers hebdomadaires nous réservent.

Malgré l’été, nous ne sommes pas sortis souvent de la ville. Mélanie commençant sa formation de boulangerie en septembre, nous avons préféré travailler le plus possible et mettre de l’argent de côté pour les mois où Mélanie ne pourra plus traduire. Ceci dit, nous avons pris le temps d’aller camper dans le Bas-Saint-Laurent, à Kamouraska. Nous avons beaucoup aimé cette région, très agricole avec des champs à perte de vue. Mais ce qui attire l’œil, ce sont les Cabourons, ces rochers de quartz et de grès qui ont résisté à l’érosion et qui étaient des îles à l’époque où la mer Champlain recouvrait la région il y a 10 000 ans. La légende dit que Dieu, en allant déposer les Appalaches, a laissé tomber ces morceaux de montagnes ou encore «inselbergs» ou «îles-montagnes» pour les géologues.

Nous sommes ensuite allés camper au lac Kénogami, près du lac Saint-Jean, au parc de la rivière Batiscan et au parc national de la Mauricie.

Et je me suis acheté un vélo. J’ai beaucoup procrastiné, oui, non, oui, non, peut-être, pas de place chez nous… Faire du vélo à Québec, je n’arrivais pas à me projeter, trop de voitures, pas assez de petites routes… Il a fallu que Mélanie me pousse et je ne le regrette pas. Cela m’a pris quelques sorties pour m’adapter à la ville mais depuis, j’ai trouvé quelques itinéraires agréables vers le nord et l’est de Québec et surtout, j’ai trouvé un club avec qui rouler. C’est intéressant et très motivant de rouler en peloton mais j’aime aussi ma solitude sur le vélo alors j’essaie d’alterner.

Pendant que je roule à vélo, Mélanie, elle, a les mains dans la pâte. Sa formation en boulangerie a commencé mi-septembre. La navette et la baguette tradition n’ont déjà plus de secret pour elle! Elle est contente de la formation, a trouvé un stage à Trois-Rivières, un peu loin de Québec, mais la boulangerie lui convient vraiment : une petite structure, où tout ou presque se fait encore à la main.

C’est un condensé des trois derniers mois. Avec les démarches et le déménagement, nous avions presque oublié l’existence de ce blog!

Premier trimestre québécois
Le déménagement, Québec, Kénogami, la rivière Batiscan, la Mauricie


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