L’heure des comptes

Nous sommes donc de retour au Canada, plus précisément à Chester, en Nouvelle-Écosse. Petit retour en arrière, nous sommes le 2 septembre, notre voyage vient de se terminer, nous sommes arrivés à Péronne, chez les parents de Mélanie. Nous avons parcouru 10 900 kilomètres à vélo et visité les pays suivants: la France, l’Espagne, le Portugal, la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Angleterre. Au final, beaucoup moins de pays que prévu, peut-être avons-nous été trop lents, mais pas de regrets à avoir car nous n’étions pas sur la route pour aller vite. Au fait, nous sommes fauchés, plus un rond dans la cagnotte. Ça aussi, ça a un peu accéléré notre retour. Alors nous avons repris notre activité, histoire de renflouer les caisses avant de repartir au pays. Mélanie va se remettre à traduire des documents administratifs hyper intéressants de la plus haute importance et moi, je me lance aussi dans l’auto-entreprenariat. J’ai proposé mes services de publication assistée par ordinateur à mon ancien employeur qui est très content de me voir revenir et pour qui je vais mettre en page des documents administratifs hyper intéressants de la plus haute importance. Ce n’est pas l’extase professionnelle, mais ça va remplir nos fonds de caisse. Nous allons donc passer trois semaines à Péronne à travailler comme des dingues et trois semaines à Friville à turbiner comme des forcenés.

C’est maintenant l’heure des comptes, mais pas kilométriques.

Commençons par le matériel. On s’en est plutôt bien sorti…

Le vélo de Mélanie, alias Rafale (allez donc savoir pourquoi), acheté 80 $ sur Marketplace. Une bonne vieille antiquité CCM de Walmart. Bien-sûr, il a fallu le mettre un peu à niveau avant de partir, acheter une paire de garde-boues et des porte-bagages avant et arrière. Comme quoi, ce n’est pas la monture qui fait le cavalier!

Au fil des kilomètres, on a acheté (cliquez pour fermer la liste) :

Une paire de pneus à Cherbourg, des B-Twin Décathlon (700C x 38) et ils ont vraiment bien résisté aux 10 000 km avec les sacoches. Le pneu arrière est usé certes, mais il peut encore faire quelques centaines de kilomètres.

Une selle SMP TRK achetée à Pau, l’ancienne commençant à s’affaisser, très bon achat.

Une roue-libre Shimano Mega Range (14-34) à San Sebastian, en Espagne, pour remplacer celle installée (14-28) qui n’était pas adaptée pour la montagne. Pour les Pyrénées et le Pays-Basque, Il fallait une roue-libre avec la première couronne vraiment plus grande. Six dents de plus, c’est déjà ça. Mélanie a dû mouliner un peu plus en montée.

Des pédales. Au Portugal, en route vers Nazaré, le vélo a commencé à être bruyant au niveau du pédalier. Vu qu’on était dans la pampa pendant plusieurs jours, nous avons attendu d’arriver à Nazaré pour chercher la source du bruit. Le craquement semblait venir des pédales, lorsqu’on appuyait dessus. Des pédales en plastique bas de gamme. C’était sûr, c’était là l’origine du craquement. Nous les avons donc remplacées. Achat inutile selon Mélanie, puisque le craquement a continué.

Bris de matériel à Pampelune, le porte-bagage avant casse. Rien de grave, j’ai tellement de bordel dans ma sacoche à outils. Avec deux cales et des colliers de serrage achetés chez un plombier, le porte-bagage est réparé, et peut-être plus solide.

Un axe arrière avec tige de serrage rapide et un boitier de pédalier. Nous avons attendu d’être à Lisbonne pour aller voir un atelier de réparation vélo. Je leur ai demandé de regarder au boitier de pédalier et aussi de changer l’axe arrière pour un axe avec serrage rapide. Du presque bon travail, le boitier de pédalier a été changé, le craquement a disparu mais la roue a été remontée décentrée. Certes, il est équipé d’un serrage rapide mais ce n’est pas le bon axe. Bref, ce n’est pas si grave, nous disent d’autres techniciens. Nous attendrons donc Séville pour retourner dans un autre atelier, un réparateur associatif, qui remet du vieux vélo à neuf. Autant dire que de la vieille pièce de rechange, il en a des milliers. J’en profite pour leur demander d’améliorer la réparation que j’avais faite au porte-bagage en le perçant afin de remplacer les colliers de serrage par des vis et boulons. Travail fait et très bien fait. Mélanie quitte Séville avec une roue arrière à nouveau centrée et un porte-bagage version 2.0, qui durera toute la traversée de l’Espagne. Retour en France, l’autre côté du porte-bagage casse. J’ai toujours mes colliers de serrage. L’affaire est vite bricolée avec des colliers et du ruban adhésif de réparation de tente. Cela restera comme cela jusqu’à la fin.

Un nouveau pédalier triple plateau et un nouveau boitier de pédalier. On prévoyait faire le GT20 en Corse et prendre un ferry pour l’Italie. Amateurs de dénivelés, le GT20 est pour vous! La Corse est une grosse montagne au milieu de la Méditerranée et l’Italie n’est pas en reste non plus en termes de dénivelé positif. J’ai décidé de changer le pédalier de Mélanie pour quelque chose de plus petit, afin de plus mouliner et monter plus tranquillement. Au lieu du triple plateau 48-38-28 installé, le nouveau pédalier offre plus de souplesse dans le pédalage 44-32-22.

Cela a impliqué un nouveau changement de boitier de pédalier car l’axe était trop long, pas du tout adapté, la fourchette de dérailleur ne pouvait plus atteindre le grand plateau. Heureusement, Bagnères-de-Luchon, ville du Tour de France, ne manque pas de magasins de vélo. Le technicien chez qui nous sommes allés a d’ailleurs émis quelques doutes sur le boitier de pédalier installé à Lisbonne. Selon lui, il n’a pas pu être changé tellement il manquait de graisse et était en fin de vie. Mélanie repart donc avec un beau pédalier et un nouveau boitier flambant neufs.

Sur la remontée du Rhône vers le lac Léman, le boitier de pédalier se desserre au fil de la journée. Tous les soirs, je dois le resserrer tant bien que mal avec mon pauvre tournevis et un caillou en guise de masse. Ben oui, je n’ai pas l’adaptateur spécial pour pouvoir le serrer. Cela tient quelques jours. En approche de Genève, on tombe sur un réparateur de vélos ambulant. On en parle et on finit par tomber d’accord sur l’utilisation du frein-filet pour empêcher le boitier de se desserrer. Ce n’est pas optimal mais cela va tenir!

Un dérailleur avant changé à Thonon-Les-Bains, car la fourchette a du jeu.

Cinq ou six chaînes de vélo changées tout au long du voyage. Cela fait beaucoup mais avec le poids, elles semblent se détendre plus vite…

Deux paires de patins de freins, changées en cours de route. J’avais déjà ça dans tout mon brol.

Deux béquilles, pour ne plus avoir à chercher un mur ou un arbre. Durée de vie assez limitée pour la première béquille latérale, puisque l’embout se desserre et se détache avec les vibrations de la route. Il a fallu acheter une nouvelle béquille à Séville, en optant pour une béquille droite. Le vélo tombe souvent lorsqu’il est posé sur la béquille car les pattes de celle-ci ne sont pas assez écartés. pas vraiment mieux comme achat, mais bon, quand on n’a que ça, on prend ce qu’il y a…

C’est tout pour le vélo de Mélanie!

Et c’est déjà pas mal…

Mon vélo (Grotank, de son petit nom) a coûté un peu plus cher. Il s’agit du Touring 520 de Décathlon, spécialement conçu pour le cyclotourisme mais qui présente quelques faiblesses au niveau de la transmission…

Il a fallu changer (cliquez pour fermer la liste) :

Un boitier de pédalier à Saint-Nazaire. Celui-qui était installé avait un peu de jeu et devenait bruyant.
Encore un boitier de pédalier à Pornic. Le nouveau boitier a cassé, oui, ça arrive, il n’aura duré que 20 kilomètres.

Deux boitiers en 3 000 kilomètres, c’est beaucoup.

Une paire de pédales Shimano avec cales SPD et une paire de chaussures Giro à Pampelune. Un petit plaisir mais j’en avais marre des cale-pieds et c’est tellement plus agréable de pédaler avec des pédales automatiques. Celles que j’ai choisies sont pratiques, car tu peux soit utiliser les cales, soit pédaler avec des chaussures normales en appuyant sur le côté plat de la pédale.

Quatre paires de plaquettes de freins, changées à Hervàs en Espagne et à Thonon-Les-Bains.

Deux béquilles latérales. Comme Mélanie, j’ai perdu l’embout en chemin, à Évian. N’étant pas convaincu par la béquille droite de Mélanie, j’ai repris une béquille latérale. Par contre, j’ai ajouté du frein-filet sur la petite vis de serrage pour éviter de perdre l’embout.

Cinq ou six chaînes de vélo changées tout au long du voyage.

Un porte-bagage arrière à Strasbourg. Le porte-bagage qui était installé a cassé au même endroit, de chaque côté de la roue arrière. Il n’aura duré que 8 000 km. Pas terrible.

C’est tout pour mon vélo!

Et c’est beaucoup…

Pour le petit outillage acheté sur la route…

Il a fallu se procurer (cliquez pour fermer la liste) :

Des outils pour la partie pédalier :

Un démonte boitier de pédalier, pour être autonome au cas où le boitier de pédalier du vélo de Mélanie se desserrerait à nouveau.

Un extracteur de manivelle

Des outils pour l’arrière de la transmission :

Un démonte cassette, au cas où… Pas utilisé.

Un démonte roue-libre.

Des outils pour la chaîne :

Une pince attache rapide de chaîne.

Un dérive chaîne.

Un vérificateur d’usure de chaîne.

Du matériel pour les roues :

Deux chambres à air de rechange, il faut toujours en avoir une neuve à installer rapidement en cas de crevaison. Et on répare la chambre crevée le soir, ou quand on a le temps.
Sur presque 11 000 km, seule Mélanie n’aura crevé que 2 fois.

Du matériel de réparation de crevaison, des rustines et de la colle, le basique, quoi.

Deux clés à moyeu.

C’est tout pour le matériel de réparation!

Les sacoches sont pleines..

Sans oublier les fringues:

On a ajouté à notre garde-robe (cliquez pour fermer la liste) :

Un maillot de cycliste Le Coq Sportif acheté 2 euros dans une friperie.

Un couteau suisse pour remplacer celui oublié sur un banc public de Guérande.

Deux cuissards Castelli, pour remplacer les vieux cuissards tout détendus et usés de Mélanie qui aime la fringue italienne!

Deux maillots de cyclisme sans sponsor. Je commençais à en avoir marre de mon vieux maillot Lotto (le maillot de mes 16 ans, que j’ai gardé, trop dur de m’en séparer).

Deux cuissards Specialized et Mavic pour moi, long et court respectivement.

Deux paires de couvre-chaussures en Néoprène pour lutter contre le froid du centre de l’Espagne.

Un jean Lee d’El Corte Inglés, parce que le jean, c’est la classe en ville (en tout cas, plus qu’un cuissard).

C’est tout pour le fringues!

Les sacoches sont archi-pleines..

Et le budget dans tout ça?
Sans compter les petits cadeaux en argent de nos parents, avant et pendant le voyage, nous avons dépensé 161,10 $ par jour entre le 18 juillet 2023 et le 2 septembre 2024. Cela fait donc un budget de 67 014,60 $ CAD. Il nous restait 640,00 $ à l’arrivée. Le coût de la vie dans les pays que nous avons traversés est élevé, l’Espagne et le Portugal n’échappent pas à cette règle. Une bonne partie de notre budget est pris dans l’hébergement pendant les mois d’hiver. S’ajoute à cela le taux de change, l’euro étant bien plus fort que le dollar canadien.
C’est pour cela que nous passons maintenant le plus gros de notre temps à travailler, pour retrouver une stabilité et, qui sait, partir pour de nouvelles aventures.


Une pensée

  1. ah ben là! Obligés de travailler, quelle horreur 😉 Quelle magnifique expérience en tout cas, vous l’avez fait, vous pouvez être fiers! Et surtout vous avez bouffé vegan tout le long, chapeau! Moi j’aurais craqué dès passée la frontière espagnole….ah les tapas!

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