Parenthèse britannique

De retour en Espagne, notre prochaine grande destination est Granada, en faisant un crochet en train par Córdoba. Mais avant cela, nous nous arrêtons à Algeciras. Nous comptons aller passer une journée en Grande-Bretagne, à Gibraltar, juste pour le fun. Depuis l’Espagne, nous pouvons voir cet énorme rocher s’élever devant nous. En seulement 45 minutes de bus, nous sommes à la frontière, il aurait été dommage de s’en priver.

Eh bien, réflexion faite, si, nous aurions tout à fait pu nous en priver. Nous qui pensions être transportés en plein cœur de Londres, entourés de bus rouges à étage et de taxis noirs, nous avons vite déchanté. Déjà, ici on roule à droite et les voitures ont le volant à gauche. On parle autant espagnol (voire plus) qu’anglais. Il existe même une langue locale, le llanito, mélange d’anglais et d’espagnol que nous n’avons pas eu l’occasion d’entendre. À la place des maisons à bow-windows, on ne voit que des immeubles d’appartement modernes très hauts, et le front de mer n’est en fait qu’une immense marina. Bref, à part les prix plus élevés en livre sterling (et encore…) et les panneaux des restaurants proposant des English breakfasts et des fish and chips à tour de bras, nous sommes bien loin de l’Angleterre.

Même la principale attraction touristique de la ville est décevante. Le rocher – « the Rock », comme on dit ici – est comment dire… touristique à l’extrême. Une partie de la montagne est classée réserve naturelle : l’excuse parfaite pour en faire payer l’entrée. Il existe donc deux moyens de monter : en téléphérique ou à pied, les deux options pour un prix exorbitant. Bien sûr, le billet donne accès à toutes les attractions du parc, mais si celles-ci ne nous intéressent pas, c’est pareil. En gros, on paie ou on ne monte pas. Étant donné que le principal attrait de cette montagne, selon nous, c’est la vue et que nous sommes venus pour ça, eh bien nous payons. Et quitte à payer, nous prenons le téléphérique, parce que les côtes, à vélo comme à pied, on en a un peu marre. Après avoir fait la queue pendant trois quarts d’heure, nous arrivons au sommet en six minutes top chrono. Et effectivement, la vue est imprenable : Maroc et Ceuta d’un côté, Espagne de l’autre, la Méditerranée tout autour, c’est impressionnant. Pas étonnant que ce lieu ait été le théâtre d’un grand nombre d’événements historiques au fil des siècles. D’ailleurs, nous découvrons que ce rocher est troué de partout, car des tunnels y ont été creusés par les Anglais dès le XVIIIe siècle pour défendre l’enclave contre les Espagnols et les Français.

L’autre attraction sur cette montagne, ce sont les macaques de Barbarie, des singes indigènes présents en grand nombre. Bien qu’ils soient dans leur habitat naturel, ils sont tout à fait habitués à la présence humaine et nous accueillent à l’arrivée du téléphérique. Ils sont nourris sur place dans des endroits précis, probablement pour leur couper l’envie de s’aventurer trop bas dans la ville… Cela nous donne un peu l’impression de nous promener dans un zoo et nous ne sommes pas très à l’aise avec cette idée, mais il faut quand même avouer qu’il est toujours intéressant d’observer des singes. Leurs gestes et leurs mouvements sont si semblables aux nôtres que ç’en est… perturbant. Nous descendons bien d’eux, aucun doute là-dessus.

La descente depuis le sommet nous prend tout de même une bonne partie de la journée avec les différents arrêts sur le chemins (visite d’une grotte et des tunnels, château maure), et nous arrivons en bas en fin d’après-midi. Nous avons hâte de rentrer.

Notre bilan de Gibraltar : mitigé. Le rocher est impressionnant, nous avons découvert l’histoire de ce lieu dont ne nous connaissions pas grand-chose, et la vue sur les alentours est imprenable. Malheureusement, c’est le côté parc d’attractions qui prend le dessus. Conclusion, si nous n’y étions pas allés, nous l’aurions certainement regretté, mais si c’était à refaire, nous n’y retournerions probablement pas. Dans tous les cas, nous avons un nouveau tampon sur notre passeport!

Plus de photos sur Algeciras ici.


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