Le beau temps est revenu sur le Pays basque espagnol, il est temps de remonter sur les vélos après cet arrêt forcé. Avant de passer quelques jours à Pampelune chez notre ami Frédéric, nous décidons de nous rendre à Bilbao en longeant le littoral et de revenir par les terres.
Autant dire que cette boucle ne sera pas tout repos, que ce soit pour les jambes ou le mental. Avec ses petites montagnes, ses cols, ses passages à plus de 14 %, le Pays basque nous aura mis K.-O. Le premier jour de San Sebastián à Deba fut difficile. Nous avions opté pour des petites routes. Erreur, ces petits chemins vont droit vers les sommets, sans virage et faux plat pour se reposer.
Premier round, nous tombons au sol, mais nous relevons avant le décompte. Une fois sortis de San Sebastián, il nous faut venir à bout de 3 montées à fort pourcentage. La première passera, la deuxième aura raison de Mélanie, la troisième nous achèvera et nous obligera à mettre le pied à terre et pousser nos vélos. Tout cela pour redescendre au niveau de la mer à Orio. L’atmosphère est électrique et assez tendue. Il est temps de prendre une pause. Nous mangeons notre sandwich sans parler tout en regardant les bateaux à quai. Retourner dans les terres serait suicidaire, nous changeons de plan et prenons la route nationale qui longe le littoral et nous faisons le bon choix. La mer est déchainée, les vagues claquent contre les falaises, les paysages sont magnifiques, la pente est douce et nous passons par Getaria, village où Balenciaga est né. À Zumaia, il nous faudra pourtant monter un col de 10 km et enfin descendre vers Deba où nous avions choisi de passer la nuit. Franchir ce dernier col sans poser le pied nous a permis de bien terminer la journée, avec espoir que la deuxième journée de trajet se passera mieux. Nous nous installons dans l’auberge du coin et déambulons dans le village, un joli village basque avec pas moins de deux épiceries bio et nous avons même le plaisir de voir un match de pelote basque sur le fronton de la ville.



Deuxième round, la pluie s’en mêle, Mélanie prend un nouveau coup au moral. C’est reparti pour 65 km et 1 000 m de dénivelé. La journée sera difficile. Au bout de 13 km, nous nous perdrons de vue à Ondárroa… En descente, j’ai tendance à prendre de la vitesse par rapport à Mélanie… J’ai tourné à droite au rond-point à l’entrée de la ville, Mélanie a continué tout droit. Nous nous retrouverons quand même au rond-point suivant. La tension redescendue, nous reprenons la route du littoral jusqu’à Lekeito pour ensuite piquer dans les terres pour une belle montée de 12 km et redescendre à Guernica. Guernica, ville bombardée en 1937 par les armées allemande et italienne pour soutenir le général Franco et démoraliser les opposants basques. On s’y arrête, on fait les courses pour le soir et on reprend rapidement la route vers le nord en direction de Mundaka où nous voulons passer la nuit. Il commence à faire noir, et en plus de la nuit tombante, la pluie se met aussi à tomber. Les derniers kilomètres dans les montagnes russes et sous la pluie seront éprouvants. Nous voulions camper, nous finirons dans un bungalow dans le seul camping encore ouvert, au sec et au chaud.



Troisième round, victoire par K.-O. du Pays basque. Ce troisième jour de vélo devait nous amener à Gaztelugatxe, une île sur laquelle se trouve un monastère relié au continent par un pont de pierre. Je vous invite à revoir la saison 7 de Games Of Thrones. Nous quittons donc notre bungalow cosy de Mundaka et nous rendons à Bermeo. Après 4 tours de village, nous trouvons enfin la route de l’Abbaye, mais le panneau indiquant les difficultés à venir (pourcentage et kilométrage) sera le coup de massue. Nous rebroussons chemin sans même voir le monastère et nous dirigeons vers la gare ferroviaire. Si nous ne pouvons nous rendre à Gaztelugaxe, nous ne pouvons pas plus reprendre la route vers Bilbao. Trop de dénivelé à absorber avec le poids des sacoches. Nous prendrons un train pour nous rendre à la ville et y arriverons plus tôt que prévu.
Se remettre des 3 jours passés, c’est un peu le résumé de notre visite de Bilbao. Nous avons loué une chambre chez l’habitant. Nous ne ferons pas grand-chose : visite du casco viejo (le quartier historique), petits plats dans les restaurants véganes, cuisine et réflexion sur la suite du parcours. Maintenant que nous sommes à Bilbao, comment allons-nous rejoindre Pampelune sans nous casser les jambes sur le vélo? Après quelques recherches sur le web, nous découvrons qu’il existe une ancienne voie ferrée qui reliait San Sebastián à Pampelune. Celle-ci ayant été abandonnée, elle a été transformée en voie verte : La Via Verde del Plazaola. La pente est douce, 650 m de dénivelé en 55 km. Cela sera facile à grimper avec les sacoches. Mais comment sortir de Bilbao? Entourée de montagnes, on ne se voit pas refaire la route à vélo en sens inverse. Par contre, un train peut nous y amener. C’est donc décidé. Dans 3 jours, nous reprendrons le train pour San Sebastián. Prendre un train avec nos vélos pour ensuite rouler sur une ancienne voie ferrée. Bizarre, tout tourne autour du rail en ce moment…




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Bravo!! on pense à vous et on vous donne plein de force et de courage! Après tout cela Koh-Lanta vous ouvrira ses portes!
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