De Harwich à Newhaven

Nous venons de passer la nuit dans le traversier et nous arrivons à Harwich au petit matin. Il est 7 h 30 en Angleterre. Première impression : ça caille. On sort même la tuque. Dommage, on vient de redonner tous nos vêtements d’hiver à Jocelyn et Manon…

Nous arrivons à la douane, montrons notre beau passeport canadien. Après les quelques questions d’usage et le passeport tamponné, le gentil douanier nous ouvre la barrière. Nous sommes au Royaume-Uni. My taylor is rich, your flowers are beautiful, where is the closest pub? Je révise mes classiques. Nous quittons le port en direction du centre de Harwich où nous espérons trouver un parc où nous pourrons déjeuner. Tout de suite, nous nous rendons compte que l’Angleterre ne sera pas le pays du vélo. Ici, on roule en bagnole. Bref, nous trouvons les vestiges d’une piste cyclable, qui nous mène en ville. C’est toute une gymnastique cycliste pour contourner les immenses ronds-points, traverser les 2×2 voies. Arrivant des Pays-Bas, c’est un vrai choc. Surtout qu’attention : nous sommes sur un itinéraire cyclable officiel (donc entretenu…), la route 51. Après une rapide ascension, nous trouvons notre parc sur les falaises d’Harwich, il y a des tables de pique-nique, des toilettes publiques, et on voit la mer. Ah, ça, c’est l’Angleterre qu’on aime

Nous nous donnons cinq jours pour rejoindre Pinner en banlieue de Londres. Nous allons enfin passer du temps avec mon frère, Fabrice, sa femme, Pétula, et mes deux neveux, que je n’ai pas vus depuis 2016. Mélanie, quant à elle, ne les connaît même pas… Time flies, my friend. Nous visitons les villes de Colchester, Maldon, Harlow, St. Albans et enfin Pinner. Même si le réseau cyclable anglais est chaotique, voire inexistant, nous empruntons des petites routes étroites où il y a peu, voire pas, de circulation et nous découvrons à notre rythme la campagne anglaise. Nous passons à côté d’immenses manoirs, traversons des forêts sur des chemins forestiers, des petits villages typiques avec leur pub à la façade décorée qui vous invite à entrer dans un autre monde.

Colchester, la plus ancienne ville de Grande-Bretagne, est connue pour son château normand datant du XIe siècle, son quartier hollandais et les ruines du premier et principal couvent augustinien d’Angleterre. C’est magnifique et on ne sait plus où donner de la tête.

À Maldon, nous découvrons les barges à voile qui naviguaient sur les eaux de la rivière Blackwater et la Tamise. La marée est basse, les péniches sont amarrées au vieux dock et bien posées sur la vase. Cela nous rappelle un peu les ports de la Nouvelle-Écosse.

À Harlow, nous ne visitons pas vraiment la ville. Nous arrivons à Old Harlow en fin de journée. Notre seule sortie sera pour aller au pub, boire quelques bières et manger un burger. A pint of lager please. Première ambiance de pub pour nous depuis que nous sommes arrivés. Les bières furent très appréciées, même si je suis toujours un peu déçu par les IPA.

Le lendemain, 30 kilomètres nous séparent de St. Albans. Nous arrivons assez rapidement en ville, en même temps que la pluie et prenons possession de notre chambre dans une vieille maison anglaise. Cela nous rappelle nos voyages scolaires de classe de 5e. La maison est restée dans son jus depuis que Mémé est décédée! Hahaha… Nous nous promenons en ville, assez jolie, avec sa rue commerçante très typique. D’ailleurs, nous remarquons que d’une ville à l’autre, cette rue principale est toujours la même, comme si elle était un copier-coller de celle du village voisin et ainsi de suite.

Et nous voilà enfin à Pinner pour six jours. Nous mettons les vélos au garage pour la durée de notre séjour. Maintenant, nous allons prendre le métro. Nous passons un bon moment en famille, à Watford sur les terrains de football, à Londres, le long de la Tamise, à Trafalgar Square et Soho, à Camden Town chez les punks ou ce qu’il en reste, au palais de Buckingham à la recherche de Charles et même à Notting Hill, non pas pour Hugh Grant mais pour découvrir le Carnaval, qui célèbre les communautés caribéennes immigrées. Un événement incontournable, nous ne savions même pas qu’il se déroulait fin août. Pour l’occasion, de nombreuses échoppes ont été installées dans le quartier, les rues barrées pour permettre la déambulation des chars et de la foule. À chaque coin de rue, un sound system est installé avec son mur d’enceintes. On y danse sur des airs de soca, de calypso, de reggae, de dub et de drum’n bass. Nous nous y promenons en après-midi. Nous y retournons le dimanche pour assister à la parade officielle. Ce fut une agréable surprise.

Six jours, ça passe vite, très vite. Nous avons réservé notre traversée pour la France. Il nous reste quatre jours à passer sur le sol britannique. Cela sent la fin… Il nous faut deux jours pour rejoindre Brighton, la célèbre ville balnéaire avec son estacade, le « Brighton Pier ». Nous arrivons en début d’après-midi. Nous posons la tente au camping, le dernier de notre épopée. Nous repartons en ville à pied. On peut sentir qu’il y a une activité culturelle et musicale forte. Il y a beaucoup de disquaires, de magasins d’instruments, de friperies, de petites épiceries, de « concept stores »… Ah des vinyles, je bave devant les vitrines, mais rien de tout cela ne peut tenir dans les sacoches… Dommage. Nous finissons notre visite de la ville dans un pub végétarien pour une dernière ale anglaise ou trois, un bon plat végétal et de la musique live.

Le lendemain, nous avons 13 kilomètres à parcourir jusqu’à Newhaven, où nous embarquerons pour la France à 17 h. Nous prenons donc le temps. Malgré cela, nous arrivons en fin de matinée. Nous faisons le tour de la ville à vélo. C’est vite fait, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à y faire. La ville portuaire n’a pas grand intérêt. C’est tout l’inverse de sa voisine Brighton. Ici, que des locaux. Pas de bling bling ni de fête foraine. C’est plutôt papi-mamie qui vont prendre leur English breakfast dans le seul café de la ville. Nous allons faire quelques courses pour le soir et arrivons au terminal. Nous attendons quelques heures avant d’embarquer. À 16 h, le traversier lâche les amarres, la traversée dure cinq heures et nous arrivons sur le plancher des vaches à 22 h 30. Nous passerons donc la nuit à Dieppe.

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