Pour notre première soirée aux Pays-Bas, nous trouvons un petit camping à la ferme comme on les aime. Il n’y a pas grand monde, nous plantons la tente entre les allées de pruniers. Deux petits chatons viennent même nous souhaiter la bienvenue. Oh qu’ils sont mignons et joueurs! Oh qu’ils ont les griffes bien aiguisées. Il prend l’envie au premier chaton d’escalader la tente et il saute à pleines griffes dessus. Et bim, trois trous dans la toile extérieure. Le deuxième, lui, préfère grimper entre les deux toiles. Pas le choix que de les chasser. Mais ils reviennent aussitôt à la charge. Aux grands maux, les grands remèdes, les gourdes de vélo ont une bonne portée de tir. Nous les arrosons donc d’eau pour les faire décamper. C’est qu’on en a encore besoin de cette tente, même si c’est du gruyère!
Nous poursuivons notre découverte du pays avec la visite d’Utrecht, à vélo, car la matinée est déjà bien avancée et nous avons encore quelques kilomètres à parcourir. Le centre est petit et se fait très bien sur deux roues. D’ailleurs, quelques mots sur l’aménagement cyclable. Les Pays-Bas sont connus pour être le pays du vélo. Et cela se vérifie. C’est bien simple, il y en a partout. Les cyclistes ont leur propre réseau cyclable à travers le pays et ne sont pas autorisés à circuler sur les routes sauf si, et seulement si, les deux réseaux (vélo et voiture) fusionnent, ce qui arrive dans les petites rues des centres-villes et villages où la circulation est faible. C’est vraiment un plaisir d’y rouler. Attention toutefois de ne pas s’y perdre tellement le réseau cyclable est dense. Mieux vaut abandonner le GPS et regarder les panneaux, n’est-ce pas Stéphane?




Nous quittons Utrecht et faisons route vers Dordrecht où nous passons la nuit. Dordrecht, la Venise des Pays-Bas. C’est qu’on en a vu des Venise de quelque chose! Cela m’étonne toujours, cette comparaison à Venise… Mais il fait admettre que la ville est belle avec ses canaux et ses maisons aux façades penchées. Oui, Dordrecht est une ville bancale. Quand on arrive dans la vieille ville, on remarque vite que toutes les façades sont de travers, comme si les maisons étaient en train de s’enfoncer dans la terre. Ici, il faut raboter, couper les bas de portes pour pouvoir les fermer. Construites sur pilotis dans une zone marécageuse, les maisons bougent avec le temps. Et la plus grande église de la ville, Grote Kerk, n’échappe pas à la règle; elle aussi est bancale. Depuis sa construction en 1339, elle s’est inclinée de 4 mm par an en moyenne, soit de 2,25 m au total. Du coup, elle a été équipée d’un ingénieux système de cran d’arrêt pour éviter la chute. Espérons que ça marche.




Enfin, pour l’anecdote, nous avons raté le départ de la deuxième étape du tour de France féminin, de Dordrecht à Rotterdam! C’est un hasard, mais nous suivons le tracé du tour féminin, car nous aussi, nous faisons route vers Rotterdam. Nous allons y retrouver Manon et Jocelyn pour quelques jours.
Nous passons donc une agréable fin de semaine avec eux. Nous visitons les villages près du camping et faisons un rapide passage à Kinderdijk pour admirer les moulins à vent. Le saviez-vous? Les moulins sont des pompes à eau qui permettent de réguler le niveau d’eau dans les polders. Un peu comme les tuyaux à Berlin.
Nous visitons également Rotterdam et, malgré le mauvais temps, nous sommes conquis. Cette ville portuaire apparemment très industrielle nous offre plusieurs visages, et nous faisons des découvertes à chaque coin de rue. Son architecture est particulièrement intéressante. Ayant été presque intégralement détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, il a fallu tout reconstruire et il n’y reste plus beaucoup de bâtiments historiques. La vieille ville se résume à quelques rues et le contraste avec les gratte-ciels, tous plus originaux les uns que les autres, est frappant. Les architectes se sont creusé la tête pour rendre beau un quartier rempli d’immeubles modernes. Pour nous, c’est un pari gagné. Le centre-ville de Rotterdam est un musée à ciel ouvert dont nous repartons enchantés.





Après ces quelques jours en famille, nous quittons notre camping dans les champs et faisons route vers Hoek Van Holland, où nous prendrons le traversier vers Harwich, en Angleterre. La journée de vélo est courte (mais bien venteuse…) et notre traversier ne part qu’à 20 h. Nous flânons donc dans le centre du village, nous rendons à la plage du coin (accessoirement la fin – ou le début – de l’Eurovéloroute 15), découvrons un blockhaus du mur de l’Atlantique, et embarquons à 18 h 30. Nous prenons possession de notre cabine, car nous dormons sur le bateau. Demain matin, nous serons au Royaume-Uni.

En conclusion, petit bilan de notre passage aux Pays-Bas.
Du point de vue des cyclistes : réseau cyclable top, pistes hyper marquées, bien entretenues, et ce, partout! Question relief, c’est plat à peu près tout le temps. Par contre, méfiez-vous du vent. Il ne nous a pas quittés de tout le séjour. Et puisque c’est plat et que le paysage est principalement constitué de champs (très monotone, bien souvent nous nous sommes crus en Picardie) rien ne l’arrête. Il nous a soufflé dans le visage tout le temps, ce qui a rendu l’expérience plus difficile que prévu.
Du point de vue des touristes : nous ne nous sommes par sentis particulièrement bien accueillis par les Néerlandais, qui ne nous ont pas paru extrêmement chaleureux. Nous avons perçu une espèce de communautarisme de la part des locaux et ils ne semblent pas très intéressés par les nouvelles rencontres. À part dans les commerces, une personne seulement a engagé la conversation : une dame intéressée par notre panneau solaire. Elle n’avait jamais vu ça. Nous n’avons pas tout vu des Pays-Bas, loin de là, mais ce ne sera définitivement pas notre meilleur souvenir.
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