De retour de Berlin, nous retrouvons Barbara et Christoph à Bonn avec qui nous partageons un dernier repas, et nous reprenons la route le lendemain.

Nous nous donnons deux jours et demi pour quitter l’Allemagne et entrer aux Pays-Bas, soit deux étapes de 80 km. Direction Düsseldorf avec un arrêt rapide, mais très rapide, à Cologne pour boire un café et admirer la cathédrale.

Nous passons la nuit dans la banlieue de Düsseldorf, chez Hans-Christian, qui nous laisse planter la tente dans son jardin. Le lendemain, nous découvrons la ville en la traversant. Dommage que nous n’ayons pas pu y passer plus de temps. Les bâtiments sont magnifiques, le centre est très tranquille. Düsseldorf semble reposante et dynamique à la fois.
La deuxième étape se fera à Wesel, dans un camping le long du Rhin. Jusque-là, rien de spécial. Mais nous avons tiré le gros lot pour notre dernière nuit en Allemagne : ce camping est énorme, rempli de caravanes et de camping-cars. Il y a même un bar et un supermarché. Comme d’hab’, les cyclistes en tente sont parqués les uns sur les autres dans un petit coin. Mais au moins, on a une table et c’est abordable : 15 euros seulement. Prendre une douche fut tout une expérience! Pour se rendre aux sanitaires, il faut passer le bar et sa terrasse, entrer au sous-sol du bâtiment et là, vous entrez dans des thermes romaines avec statues de divinités, mosaïques, le tout mélangé à une ambiance fête foraine et ses machines à pinces et pousse-pièces, sans oublier les fauteuils en forme de ballon de football et l’ambiance sonore radio rock des années 80. Cet endroit nous a tellement « subjugués » qu’on a oublié de le prendre en photo. Cerise sur le gâteau, nos voisins de tente ont picolé toute la soirée au bar, sont rentrés bourrés et se sont raconté des histoires de mecs bourrés jusqu’à 5 h. À 9 h, le mec et sa femme se lèvent la tronche enfarinée, t’adressent un Guten morgen très sincère et s’ouvrent une canette. Et n’oublions pas le groupe de quinquagénaires qui, bourrés eux aussi, se sont arrêtés juste à côté de notre tente à 2 h pour, eux aussi, se raconter des histoires de mecs bourrés. En allemand, autant dire qu’on ne saisit pas grand-chose. Par contre, on a bien compris pourquoi les gens étaient venus passer le week-end au camping. Cette dernière nuit en Allemagne fut un vrai festival de mauvais goût!
Notre dernière journée dans le pays ne sera pas notre meilleur souvenir non plus. Il ne nous reste que peu de kilomètres à parcourir jusqu’aux Pays-Bas, mais nous voilà déviés par un méga accident de la route quasiment à la frontière : barrage routier, hélicoptère et tout le bazar, nous voilà obligés de trouver un itinéraire bis. Nous suivons deux cyclistes de route sur un chemin perpendiculaire, mais devons rebrousser chemin en raison de la hauteur de la barrière à franchir. Les vélos ne sont normalement pas autorisés à passer. Eux, avec leurs montures en carbone toutes légères, n’ont aucun problème. Pour nous et nos 50 kg chacun, ce n’est pas la même histoire. De retour sur les lieux de l’accident, nous demandons à un pompier quelle route nous pouvons emprunter. Il nous indique un chemin à droite pour rejoindre une ferme et récupérer la route. Ok, nous suivons ses indications et prenons la première à droite : un chemin de terre. Logique puisque nous devons nous rendre à une ferme. Sauf qu’au bout de 10 minutes de tape-cul dans l’herbe, nous nous rendons compte que nous faisons en fait le tour d’un champ de maïs. Et effectivement, quelques minutes plus tard, nous retrouvons l’hélicoptère et le barrage routier : retour au point de départ. Nous reprenons donc le chemin de la fameuse prochaine route à droite. Nous la trouvons et rejoignons finalement la ferme et la route parallèle. Il ne reste plus qu’à filer à la frontière. Résultat, nous avons parcouru 15 km de plus avec le vent de face. Autant dire que la journée n’a pas été de tout repos. Mais nous sommes aux Pays-Bas!