Wir sind Berliner

Petit retour en arrière…

Berlin n’était pas sur notre itinéraire. Nous avons décidé d’y aller à la dernière minute, en train, avant que nous ne soyons trop loin pour faire un aller-retour. C’est un endroit qui m’a toujours attirée. Sa réputation de ville alternative et sa culture m’intriguaient. Sans parler du côté historique, fascinant.

Alors que dire après avoir passé cinq jours dans la capitale allemande? Par où commencer? Nous avons bien évidemment fait une cure d’histoire. Sur les deux guerres mondiales, la guerre froide et les années qui ont suivi, nous avons lu, lu et relu dans les innombrables musées et mémoriaux. Comment faire autrement? C’est ce qui a donné à la ville son apparence actuelle, et qui a façonné le mode de vie des Berlinois. Ici, on n’a pas fait dans la finesse. L’architecture est massive. Dans l’ancien secteur est, les énormes monuments et les grosses pierres ont la part belle. Dans l’ancien secteur ouest, les immenses villas et hôtels particuliers n’ont pas changé, épargnés par les conflits. Des deux côtés s’ajoutent à cela de hauts immeubles en béton et de grands buildings modernes vitrés. Un joyeux melting pot digne d’une capitale.

Bien souvent, les murs sont peints, recouverts d’œuvres d’art, éphémères ou non. Les peintures murales sont nées ici. À l’origine de ce phénomène maintenant international, le tristement célèbre mur de Berlin. Érigé en 1961 par la République démocratique allemande (RDA) sur le tracé des zones de la ville défini par les Alliés et les Soviétiques après la Seconde Guerre mondiale afin de séparer Berlin en deux (un secteur occidental et un secteur oriental), il a été détruit en 1989. Les peintures réalisées sur 1,3 km de mur restant – la plus longue section encore debout – constituent la plus grande galerie d’art à ciel ouvert au monde, l’East Side Gallery. Un vrai symbole de liberté attribuable à 118 artistes de 21 pays qui a obtenu le statut de mémorial protégé en 1991.

Le volet historique ne s’arrête bien sûr pas là et nous avons réservé une importante partie de notre séjour à la Seconde Guerre mondiale, et à Hitler en particulier. Là encore, difficile de faire autrement. Et de toute façon, nous ne voulions pas faire autrement. Cela fait partie de l’histoire de Berlin. Musée de l’histoire de l’Allemagne, Mémorial de l’Holocauste, exposition « Topographie de la terreur », visite d’un bunker présentant une exposition sur la vie d’Hitler (situé à quelques pas du site du bunker où il s’est suicidé)… Nous avons appris ou révisé les faits liés à cette période de l’histoire, et il est très intéressant de le faire depuis le côté allemand et de voir le sujet traité sous un angle différent de celui qui nous est familier.

Puis viennent les lieux dits alternatifs, où l’on peut observer les Berlinois dans leur quotidien : Friedrichshain, quartier punk; Kreuzberg, quartier alternatif; l’ancien aéroport de Tempelhof, aujourd’hui un immense parc… Chacun possède une atmosphère qui lui est propre. Entre quartier turc et vieux entrepôts réaménagés en galeries d’art et biergarten, en passant par les marchés couverts branchés et les pistes d’atterrissage transformées en pistes de vélo de route, on ne sait plus où donner de la tête.

Petite anecdote rigolote (ou pas…) : saviez-vous que d’énormes tuyaux roses ou bleus longeaient les rues de certains quartiers, enjambaient parfois des allées, plongeaient sous terre pour ressortir plus loin? Ils forment un véritable réseau dans la ville. Étonnant… On pensait qu’ils servaient aux nombreux travaux de voirie, mais non. Ils font partie du quotidien des Berlinois depuis plus de 100 ans.
Berlin a été construite à proximité de nombreux lacs et du canal de la Spree, sur une vallée glaciale (« Berliner Urstromtal ») au XIIIe siècle. Les nappes phréatiques se trouvant à proximité du sol, 2 mètres de profondeur environ, il n’est pas possible de creuser des tunnels profonds sans risquer une inondation de la capitale allemande.
Ainsi, les 60 km de tubes dont regorge Berlin servent essentiellement à pomper l’eau du sol et à la transporter à proximité de cours d’eau, ceci permettant à la fois de drainer les sous-sols de la ville et de faciliter les travaux de construction. CQFD.

Mais Berlin n’est pas sans paradoxes. La capitale est un paradis pour les véganes, ce qui est génial pour nous. On trouve de quoi manger partout : dans les restaurants, dans les supermarchés, dans les boulangeries. À mon sens, cela est une preuve d’ouverture d’esprit et de conscience écologique, qualités pour lesquelles sont connus les Allemands. Mais alors où sont les poubelles et les conteneurs de recyclage en ville? Peut-être les citoyens recyclent-ils chez eux, mais pour les visiteurs, il est très difficile de trier ses déchets. D’ailleurs, et cela nous a particulièrement choqués, la ville est plutôt sale. Voilà un autre paradoxe. Nous avons découvert que les Allemands étaient autorisés à boire dans la rue. Il n’est donc pas rare de croiser des gens une canette à la main en plein centre-ville. C’est même très très courant. L’une des conséquences à cela est l’incroyable quantité de bouteilles vides qui traînent dans les rues et qui, contre toute attente, ne sont pas ramassées.

Bien évidemment, on trouve cela dans toutes les métropoles. Mais peut-être ne nous y attendions-nous pas dans une ville perçue comme aussi avant-gardiste que la capitale allemande (où, à part à Berlin, pourrait-on s’attendre à voir une zone nudiste dans un parc en plein centre-ville, au pied de la colonne de la victoire???). Alors ce sont sûrement ces paradoxes qui font la beauté de Berlin et la rendent si spéciale et si attirante. Dans tous les cas, c’est une ville qui ne laisse pas indifférent.

Plus de photos de Berlin ici.


Allemagne : conclusion

  • Super gay-friendly
  • Super vegan-friendly
  • Pays multiculturel
  • Parlent anglais presque partout
  • Super pour les vélos
  • Trains en retard, mais super Wifi
  • Campings nuls et chers, gens super bruyants et bourrés tout le temps
  • Bière pas chère (mais pas forcément bonne, ah ah)

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