Il était bien bon le Bretzel! C’est sur cette note positive que nous quittons Heidelberg et parcourons une trentaine de kilomètres seulement jusqu’à Mannheim, également à visiter selon les divers guides touristiques. Ville universitaire et technologique qui a vu la naissance du premier deux-roues en 1887 et du premier avion-fusée en 1929, elle est un symbole du baroque par la présence de son château, le deuxième plus grand d’Europe dans ce style architectural. Le château d’eau fait également partie des monuments notables de la ville.

En ce qui nous concerne, nous avons trouvé la ville agréable, mais pas particulièrement touristique. Nous avons toutefois apprécié la piste allant du camping au bord du Rhin à la ville en passant par un magnifique parc, promenade à vélo de cinq kilomètres des plus agréables. En revanche, le camping, lui, bien que propre et bien situé sur la rive du fleuve, n’a pas été des plus agréables. Nous nous sommes retrouvés à 7 tentes sur un espace restreint. La coupure d’électricité générale privant Stéphane de douche après une journée à 30 degrés n’arrange pas les choses. Et, comme nous commençons à en avoir l’habitude, la nuit est rythmée par les bruyantes péniches et n’est pas des plus reposantes. Mais nous passons tout de même une agréable soirée au soleil et au bord de l’eau.


Le lendemain, une plus longue journée nous attend : 88 km jusqu’à Mainz, ou Mayence en français, réputée pour son passé historique, son vin, et l’imprimerie (c’est la ville de naissance de Guttenberg). De la pluie est prévue. Cela tombe bien, car nous n’avons pas d’hébergement. Nous sommes donc « obligés » de réserver un logement en dur. C’est cher, mais au moins, nous serons à l’abri. En fait, cela nous arrange, car nous sommes fatigués et il nous fera du bien de pouvoir nous arrêter quelque temps dans un vrai logement, avec une cuisine et un vrai lit.
La ville, en effet, est très jolie. Mélange d’architecture romaine, baroque et moderne, les monuments à explorer ne manquent pas. De l’imposante cathédrale romane à l’église St. Stephen célèbre pour ses vitraux bleus réalisés par le peintre juif Marc Chagall, en passant par la fontaine de carnaval ou la nouvelle synagogue, tous les styles et toutes les religions sont représentés. La communauté juive, notamment, est très importante. Il s’agit de l’une des plus anciennes du pays, et sa présence remonte au Moyen-Âge. De nombreux points d’intérêt sont donc visibles à Mainz. Malheureusement, il est rarement possible de visiter sans guide et sans rendez-vous, ce qui nous oblige à rester à l’extérieur des sites. Nous avons tout de même pu pénétrer dans l’ancien cimetière juif, par chance, car une cérémonie allait s’y tenir à notre arrivée. On nous a donc permis d’entrer pendant 10 minutes, en proposant une kippa à Stéphane (il avait déjà un couvre-chef et a donc refusé, mais il n’aurait pas été autorisé à entrer sans cela).

Nous avons tout de même tenté d’en apprendre plus sur la communauté juive de Mayence au musée de la ville. Malheureusement, les panneaux n’étaient qu’en allemand. Il existait bien un audioguide en anglais, mais qui ne fonctionnait pas. Pour s’excuser, la dame de l’accueil nous a offert le livre explicatif en anglais, normalement payant. Nous avons donc un peu de lecture en perspective.
Cette mésaventure touristique va plus loin encore. En effet, Mayence est étroitement liée à la France, qui l’a occupée à trois reprises entre 1792 et 1814. Napoléon, qui appréciait beaucoup la ville, y a d’ailleurs laissé sa trace en faisant inscrire son nom sur la cloche de la cathédrale. Tout cela pour dire que cette proximité entre la ville et la France était présentée au même musée dans le cadre d’une exposition intitulée Mayence et la France, laquelle n’était pas traduite non plus. Cela nous a beaucoup fait rire. Pour nous remettre de nos émotions, nous avons pris un verre à la célèbre brasserie Eisgrub-Brau.




C’est sous le soleil que nous parcourons les 100 km qui nous séparent de Koblenz (Coblence) en faisant un arrêt à Sankt Goar. Et là, nous tombons en admiration devant un paysage totalement inattendu, le rocher de la Loreley. Sachez que c’est l’endroit le plus étroit du Rhin, l’avancée rocheuse réduit d’un quart la largeur du fleuve. Le courant y est très violent et les nombreuses roches immergées ont causé de nombreux accidents de navigation. Ou alors, autre possibilité, Loreley, une nixe (nymphe de la mythologie germanique) attire les navigateurs du Rhin jusqu’à leur perdition grâce à ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque.



Jusque-là, nous nous ennuyions un peu le long du Rhin, au rythme des péniches de fret, qui d’ailleurs transportent tout et n’importe quoi. C’est une expérience en soi que de les regarder passer : conteneurs, gaz, vrac, métal, on voit de tout sur ces embarcations et on se rend bien compte de l’importance du fleuve d’un point de vue commercial. Mais depuis Mayence, nous nous trouvons au fond de la vallée, entourés de falaises, de coteaux et de vignes (tellement pentues qu’on les arrose par hélico…). Nous découvrons un château perché à chaque courbe, c’est vraiment magnifique.




Nous poursuivons notre route jusqu’à Bonn, notre prochaine destination, l’ancienne capitale fédérale d’Allemagne jusqu’en 1990. Nous y sommes accueillis par Christoph et Barbara par l’intermédiaire du site WarmShowers. Lieu de naissance de Beethoven, la ville est très agréable et on y ressent une certaine douceur de vivre.

Il est très plaisant de s’y promener, tant dans le quartier historique que dans les quartiers cossus plus éloignés où siégeaient auparavant les administrations fédérales, qui accueillent aujourd’hui différents organismes, ONG ou universités. À noter que la ville est célèbre pour être le lieu de création du célèbre bonbon Haribo. Nous n’avons pas pu résister et sommes allés y faire un tour. Et vous savez quoi? Il existe des Haribo véganes!

Toutefois, nous ne rendons pas justice à la ville car elle ne se limite pas à Beethoven et Haribo. Nous ne restons pas assez longtemps pour vraiment prendre le pouls de la ville. En effet, nous décidons de nous rendre à Berlin en train. Nous ne reviendrons pas de sitôt en Allemagne et nous avons vraiment envie de visiter sa capitale. Christoph et Barbara, nos hôtes, sont adorables et nous proposent de garder nos vélos et sacoches le temps de notre escapade. Uniquement chargés d’un sac à dos, nous sautons donc dans un ICE (TGV allemand) et partons à l’aventure berlinoise.
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