Nous venons de traverser l’Alsace. Jusqu’à présent, la descente du Rhin se fait tranquillement. Nous pensions prendre l’Eurovélo 15 à l’est du fleuve, en Allemagne. Mais nous avons finalement choisi la rive gauche, en France. Qu’on soit d’un côté ou l’autre du canal, le paysage ne change pas vraiment. Par contre, le tarif des campings est plus élevé en Allemagne, alors nous campons en terre alsacienne.
Notre première nuit, nous la passons au camping municipal de Kembs. Et c’est le 13 juillet, ça va faire la fête ce soir : les immenses barbecues sont de sortie, il va y avoir de la saucisse-merguez sur la grille et un bal spécial années 80. Le bal du 14 juillet, quoi. Pas très attirés par les démons de minuit et les sunlights des tropiques, et fatigués par la journée, c’est dans notre duvet plus que sur le dancefloor que nous passerons la nuit. Dans notre duvet? Vite dit, vite écrit… Il fait tellement chaud, on a du mal à garder un seul morceau de textile sur soi! En tout cas, c’est toute une expérience que de redécouvrir les festivités de la fête nationale à la française, qui plus est dans un camping. Tous les atouts sont réunis pour une soirée de folie. Cela rappelle de bons souvenirs de jeunesse.
Le lendemain, nous retournons quand même faire un tour sur les pistes cyclables allemandes. À Neuenburg am Rheim, autre ambiance, mais tout aussi festive. Le centre est fermé à la circulation, les échoppes et les châteaux forts en contreplaqué sont sortis, la ville va célébrer Jean Népomucène pendant trois jours. C’est la Nepomukfest!!! Il est 11 h quand nous entrons dans le « village médiéval », c’est plutôt calme. Quelques valeureux sont déjà attablés avec leur bock de bière. Nous, on goûtera l’Apfelschorle. Ein groß Apfelschorle, bitte… (désolés pour les fautes, on ne parle pas allemand). C’est juste un jus de pommes avec de l’eau gazeuse, mais franchement, vu l’heure et la chaleur, c’est exactement ce qu’il nous faut.

Nous poursuivons notre route du côté allemand sans découvrir grand-chose de bien exceptionnel en chemin, à part peut-être les champs de tabac. On n’a pas trop l’habitude d’en voir. Pour le reste, le maïs est plus ou moins similaire d’un côté ou de l’autre du Rhin, et nous retraversons la frontière pour dormir à Neuf-Brisach. Village classé au patrimoine de l’UNESCO pour sa forteresse Vauban (aaaahhhhhh, il nous avait manqué, celui-là), c’est également l’endroit idéal pour visiter Colmar située à une dizaine de kilomètres à l’ouest. C’est ce que nous faisons donc. La forteresse et le village nous laissent plutôt sur notre faim, un peu délabrés et tristounets, mais Colmar ne nous déçoit pas, si ce n’est peut-être par la quantité de touristes qui nous entourent. Contre cela, nous ne pouvons rien faire. Voyageurs nous-mêmes, nous participons à rendre ces lieux magnifiques ultra-touristiques et nous devons l’accepter. Cela fait partie du jeu, nous le savons bien maintenant. Alors nous essayons de ne pas nous énerver chaque fois que quelqu’un passe juste devant alors qu’on tente de prendre la photo parfaite, ou que l’on se fait marcher dessus pour aller voir ce qu’il y a dans une vitrine. Nous faisons sûrement cela aussi sans nous en rendre compte. Bref, la ville est magnifique et c’est ce que nous en retiendrons (ainsi que l’excellente glace maison végane et bio au café, j’en ai encore l’eau à la bouche…)






Après cela, et pour terminer en beauté, direction Strasbourg. Impossible de trouver un camping ou un hébergement bon marché. Nous louons donc une chambre chez l’habitant pour trois nuits, histoire de nous laisser deux jours pleins pour visiter la ville. Elle non plus ne nous déçoit pas. D’abord, nous apprécions le fait qu’elle soit hyper adaptée aux cyclistes. Tout est fait pour s’y déplacer à vélo, et c’est d’ailleurs ce que font les Strasbourgeois. Il y a des pistes cyclables partout et c’est vraiment le moyen de déplacement le plus rapide en ville. Par contre, on galère un peu pour trouver des porte-vélos. Un peu paradoxal… Mais on trouve toujours une solution.
Nous aimons également le mélange des genres : vieilles maisons à colombage et Parlement européen moderne, cathédrale gothique et Conseil de l’Europe cubique; deux mondes complètement opposés se côtoient. Cela fait de Strasbourg une ville multiculturelle en raison de la présence des institutions européennes et de sa proximité avec l’Allemagne. On y entend parler toutes les langues. La ville est également très jeune et très dynamique, son université y est certainement pour beaucoup. Ce qui est certain, c’est qu’on y ressent une certaine douceur de vivre qui fait oublier que l’on se trouve dans la huitième plus grande ville de France.





Une bien belle façon de finir notre séjour en France. Car oui, demain, nous camperons à Lauterbourg, tout juste à la frontière, et même si nous sommes toujours en France sur la carte, nous ne sommes entourés que d’Allemands. Une bonne manière de s’acclimater. Disons que pour une première expérience, c’est plutôt bruyant. On verra si cela se confirme. En attendant, en guise de préparation, nous faisons l’aller-retour à Karlsruhe pour la journée pour une première immersion : premier marché (comme en France, sauf qu’on y vend des bretzels et qu’on y parle allemand), premier château baroque (semblable à ceux de France, sauf que tout est écrit en allemand), première expérience de pédalage dans une ville allemande (PAS comme en France, sauf peut-être à Strasbourg ou à Rennes).

Tout est propre, tout est calme. Espérons que ce soit un bon présage pour la suite. Mais pour l’heure, nous retournons passer notre dernière nuit en métropole avant un bon bout de temps, entourés d’Allemands beaucoup moins calmes que ceux croisés de l’autre côté de la frontière. Espérons que ce ne soit pas un mauvais présage pour la suite.
Toutes les photos de l’Alsace ici.