Sant Joan les Fonts, dernière étape espagnole

Nous arrivons dans la Garrotxa, région catalane située dans les pré-Pyrénées. À l’horizon, les sommets enneigés. Petit choc, car nous avions oublié cela depuis longtemps.

Nous sommes sur la terre des volcans. On y compte 40 cônes volcaniques et plus de 20 coulées de lave. Nous faisons un bref arrêt d’une journée à Olot, la capitale de la région. Après la fatigue des derniers jours, nous sommes contents de pouvoir dormir un peu. Nous savons que la visite de la ville sera vite faite, et pour le reste, il y a plusieurs options de promenades depuis la commune, alors nous ne surchargeons pas le programme. Nous aurons l’occasion de voir bien plus d’ici quelques jours.

En effet, le quartier historique d’Olot est très petit et nous en faisons vite le tour. C’est surtout l’environnement qui est intéressant : nous sommes au cœur des volcans. Bien que nous ayons déjà vu cela, dans le Massif central notamment, il est toujours impressionnant de se dire que l’on se trouve entourés de montagnes qui crachaient du feu autrefois. Une petite rando au sommet du Montsacopa (dans son cratère en fait) nous offre une vue panoramique sur toute la vallée et les volcans alentours.

Mais nous ne sommes pas là pour cela, et c’est tout excités que nous parcourons les cinq derniers kilomètres qui nous séparent de Sant Joan le lendemain matin. Nous y retrouvons Pierre, Anna et Cloé qui nous attendent de pied ferme avec un programme bien chargé! Promenade au bord de l’eau, rando dans les montagnes, visite de petits villages médiévaux… C’est le temps qui va nous manquer. Et le séjour s’annonce physique!

Nous avons donc marché plusieurs fois dans les montagnes jusqu’à des petits villages perchés ne comptant parfois pas plus de trois maisons. Nous nous sommes aussi promenés dans les alentours de Sant Joan et avons pu observer les différentes coulées de lave qui sont passées par là.

Le point culminant de notre séjour aura été la visite de la Roca, un petit village perché sur un rocher, où Pierre et Anna ont acheté et rénové une maison qu’ils louent maintenant comme logement touristique. La maison est magnifique : toute en pierre à l’extérieur, moderne à l’intérieur, et le clou du spectacle : le mur du fond est en fait la roche naturelle. C’est incroyable! Difficile d’imaginer qu’une grange pleine de paille se tenait là au moment de l’achat du bâtiment.

Pour rendre le voyage un peu plus palpitant, les gars ont décidé de s’y rendre à vélo : une belle étape de 39 km et 1 113 m de dénivelé. Autant dire que les filles ont choisi l’option automobile. Nous nous sommes retrouvés au sommet en début d’après-midi, les uns plus fatigués que les autres, cela va sans dire, et avons tranquillement profité de l’après-midi ensoleillé sur la terrasse, avec vue imprenable sur la montagne.

Le retour le lendemain a été un peu moins douloureux pour les cyclistes que l’aller (enfin, j’imagine, étant moi-même repartie en voiture) puisque c’était majoritairement de la descente. Les garçons étaient malgré tout bien rincés en arrivant. Stéphane, qui attendait patiemment l’occasion de faire de la « vraie » montagne à vélo (parce qu’il faut bien le dire, je ne suis pas la bonne équipière pour cela), a enfin été comblé. Je ne peux qu’imaginer la difficulté physique de l’exercice, mais le connaissant, il s’est donné à fond, d’autant que Pierre l’accompagnait avec un vélo électrique (hoooouuuu, le tricheur…), ce qui a dû lui mettre encore plus la pression. Dans tous les cas, il a pu s’en donner à cœur joie. Le mal de jambes et la fatigue se sont fait sentir le lendemain, mais il a été satisfait de l’exploit réalisé.

Malheureusement, à l’issue d’une semaine de bon temps entre amis, il est temps pour nous de reprendre la route. Un peu plus tard que prévu pour cause de maladie : Stéphane est resté cloué au lit et avons reporté notre départ d’une journée. Personnellement, j’avais oublié ce que ça faisait d’être sur un vélo, mais la reprise n’a pas été trop dure. Pour cette première étape, Pierre nous a emmené en voiture au sommet du col d’Ares, où nous passons la frontière. Nous partons donc de 1 500 m d’altitude tout en descente en direction du Boulou, notre premier arrêt en France. Après quelques arrêts, notamment dans les très jolis villages de Prats-de-Mollo et de Céret, nous montons la tente : ça y est, c’est la reprise de la saison du camping!

C’est une autre page de notre voyage qui se tourne. Les sentiments se mêlent un peu, entre la tristesse de quitter des gens qu’on aime après un si bon moment passé en leur compagnie et la perspective de ce qui nous attend pour la suite de notre aventure. Cela fait partie du jeu, mais c’est néanmoins toujours un peu difficile. Merci les amis pour cette belle semaine, et à bientôt de l’autre côté de l’Atlantique. En attendant, pour nous, direction Castelnaudary!

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