Nous voulions nous arrêter dans la capitale catalane. D’abord, nous aimons beaucoup cette ville. Ensuite, nous arrivions à 19 h, donc difficile de poursuivre la route si tard. Par contre, nous ne nous sommes pas attardés. Deux jours pleins seulement, principalement en raison des tarifs hallucinants de l’hébergement. Et des tarifs hallucinants des lieux que nous voulions visiter. Puisque nous avions décidé d’axer notre séjour sur la culture (eh oui, nous tentons de nous cultiver de temps à autre), il nous a fallu faire des choix.
Nous voulions retourner à notre bien aimée Sagrada Familia, pour voir où en étaient les travaux depuis notre dernier passage en 2019. Nous avons renoncé : 26 euros l’entrée, ça fait mal. De toute façon, il n’y avait plus de billets pour les dates où nous étions là (Pâques oblige), le problème a donc été réglé. Et comme elle est censée être terminée en 2026, autant attendre un peu et admirer l’œuvre dans son intégralité. Bon, cela veut quand même dire que nous devrons retourner à Barcelone, mais c’est un détail. Nous avons donc fait une croix sur la fameuse cathédrale, mais n’avons pas délaissé Gaudí pour autant et avons choisi d’aller visiter l’une des nombreuses maisons construites par l’architecte. Sa toute première, en fait. La Casa Vicens [https://casavicens.org/es/], qui comme son nom l’indique, lui a été commandée en 1883 par M. Vicens i Montaner, un riche courtier en bourse, pour en faire sa résidence d’été. Ce n’est sans doute pas la plus belle de toutes les créations de Gaudí, mais ce n’est pas non plus la plus courue, lui donnant un avantage certain. Et nous n’avons pas été déçus.



Cela ne nous a pas empêchés de passer quand même devant les fameuses casas Batlló et Milà, juste pour le plaisir des yeux. Nous avons pu voir, par la même occasion, à quel point tous ces bâtiments étaient devenus touristiques et commerciaux, avec achat de billets en ligne à l’avance pour des horaires précis, file d’attente devant, boutique au sous-sol et aménagements intérieurs très orientés (bars et restaurants à l’intérieur, organisation de visites thématiques, par exemple). ET nous ne parlerons même pas du prix du billet d’entrée.
Nous avons poursuivi nos visites sur le chemin du modernisme catalan par l’hôpital de Sant Pau, un ancien hôpital de la ville [https://santpaubarcelona.org/fr/], dessiné par l’architecte catalan Lluis Domènech i Montaner en 1901. Le complexe a été beaucoup réfléchi, avec ses grands jardins agrémentés de nombreux arbres et plantes afin de purifier l’air et permettant aux patients de profiter de l’extérieur. Des souterrains tout en céramique reliaient également les différents services. Et bien sûr, l’architecture en elle-même est incroyable.



Nous avions prévu de visiter la fondation Miró. Après celle de Palma de Mallorca, nous nous disions que cela devait valoir la peine. Mais nous voulions aussi aller au musée Picasso, lui aussi attrayant. Nous avons opté pour le second. La plupart des œuvres présentées datent de la période d’apprentissage de l’artiste, et l’on se rend très bien compte des différentes périodes et courants artistiques traversés. L’évolution de son travail au fil des ans est très marquante.
L’imprévu du séjour a été le musée Banksy, dont nous ignorions l’existence. Cet artiste d’art urbain utilise la peinture au pochoir pour donner vie aux murs des villes et faire passer ses messages engagés. Bien sûr, nous n’avons pas vu les œuvres originales. Certaines n’existent d’ailleurs même plus, car elles ont été recouvertes ou détruites, mais les reproductions montrent bien ce que cherche à dire l’artiste au moment de la création. D’ailleurs, il encourage lui-même la reprise ou la reproduction de son travail au nom de l’art.





Tout cela a bien sûr été agrémenté de nombreux pas parcourus dans les rues et ruelles et d’un ou deux restos véganes pour reprendre des forces (et Dieu sait que Barcelone en regorge…). La ville, ce n’est vraiment pas de tout repos. Deux jours auront donc suffi et nous remontons en selle le long de la côte en direction du nord. Pierre, Anna et Cloé nous attendent chez eux à Sant Joan les Fonts dans quelques jours.
Cet itinéraire nous a permis de ressortir la tente (ou plutôt, nous a forcé à le faire, le prix des hébergements sur la côte étant exorbitants), pile le jour où il ne fallait pas le faire : tempête toute la nuit et rafales à 70 km/h, le bonheur. La tente a tenu, le vent l’a même faite sécher et nous avons pu ranger le tout sans problème le lendemain matin. Et les vélos sont même restés debout! Par contre, nous n’avons pas beaucoup dormi…

Plus de photos sur Barcelone ici.