Nous n’avons pas eu une chance incroyable point de vue météo, mais n’étant sur place qu’une semaine, nous ne pouvions pas nous permettre de rester enfermés chez nous. Nous avons donc fait deux escapades durant notre séjour, ce qui nous a permis de sortir de la ville et de voir un côté peut-être un peu plus authentique du Maroc (même s’il s’agissait tout de même de lieux touristiques).
Nous avons pris le train pour Asilah, petit village de pêcheurs perché sur une falaise. La visite de la médina était vite faite, mais nous avons pu profiter des petites ruelles sans cohue ni brouhaha. Depuis le front de mer très peu aménagé, une vue sur la côte sauvage s’offrait à nous. Nous avons pu l’admirer pendant la seule éclaircie de la journée, en dégustant un bon jus frais et une msemen (crêpe traditionnelle) accompagnée d’amlou (beurre d’amande à l’huile d’argan). Malgré la pluie battante qui nous attend à l’arrivée, nous rentrons enchantés de cette journée.




Notre deuxième sortie nous mène à Chefchaouen, le village bleu, très touristique. Nous avons 2 h 30 de route pour nous y rendre en autocar, mais cela vaut paraît-il le détour alors nous n’hésitons pas. Et en effet, nous aurions manqué quelque chose. Déjà, nous quittons la côte et nous enfonçons dans la montagne. La vraie montagne. Nous sommes entourés de sommets. Mais avant cela, nous traversons la compagne et ses petits villages et voyons un tout autre visage du Maroc, beaucoup plus rural. Encore une fois, la Bolivie nous revient à l’esprit. Les gens vivent dans des maisons dont la construction n’est pas terminée, le bétail court en liberté un peu partout, les routes sont en très mauvais état (bien que celle que nous empruntons soit en développement), les déchets s’entassent dans les bas-côtés… On a quitté le modernisme apparent de la grande ville.

Nous arrivons finalement à Chefchaouen. Même si l’entrée de l’agglomération est loin d’être enchanteresse, nous l’oublions vite en arrivant dans la médina où là, c’est en effet le bleu qui saute aux yeux. Tous les murs de la vieille ville en sont couverts et les habitant semblent porter un soin particulier à leur entretien. C’est totalement envoûtant! La journée est d’autant plus agréable que nous ne sommes pas tellement sollicités par les vendeurs dans leurs échoppes et nous pouvons nous promener tranquillement.





Nous profitons de l’occasion pour goûter notre premier couscous, sans viande bien sûr, et de découvrir deux plats typiques marocains : la salade marocaine (rien de bien exceptionnel, c’est une salade de concombre, tomate et oignon), et la bissara (une soupe de fèves aux épices, délicieuse et plus dépaysante, pour le coup). Nous découvrons également un dessert local tout simple, les oranges à la cannelle (des rondelles d’oranges parsemées d’un peu de cannelle, quoi), qui fait son effet.

Après tout cela, il ne nous reste plus que deux jours à passer au Maroc, et nous décidons de les occuper à flâner tranquillement à la recherche de nouveaux petits recoins à côté desquels nous sommes passés sans nous apercevoir, et il y en a. Chaque sortie nous offre son lot de surprises. Nous avons commencé à prendre nos marques et avons pris quelques habitudes. Le petit thé à la menthe au café d’à côté, les baghrirs (crêpes à la semoule) et les olives du marché font partie de notre quotidien, et nous rions en voyant que les prix baissent au fil des jours. Nous nous demandons combien de temps il nous faudrait pour enfin payer le prix marocain pour ces produits de base.
Notre séjour touche à sa fin et il est temps de reprendre le chemin de l’Espagne. La sortie de la médina est beaucoup plus simple au bout d’une semaine, les ruelles n’ayant pratiquement plus de secrets pour nous (enfin, surtout pour Stéphane). Comme d’habitude lorsque nous avons un horaire de transport à respecter, nous sommes en avance, et c’est avec un petit pincement au cœur que nous prenons notre dernier thé à la menthe en attendant le traversier, sous la pluie. En tout cas, tant par ses bons que par ses mauvais côtés, le Maroc ne nous a pas laissés indifférents et nous aurions aimé l’explorer davantage. Qui sait, c’est peut-être un rendez-vous?
Plus de photos sur Asilah ici et Chefchaouen là.