En route vers Lisbonne

Frais et dispos, nous voilà repartis. Notre prochaine grosse étape est la capitale portugaise, Lisbonne, où nous devrions arriver début janvier. Mais en attendant, plusieurs arrêts sont prévus en chemin, le premier étant Óbidos, une ville médiévale fortifiée dont nous entendons parler partout. Elle doit valoir le détour.

La reprise se fait dans la douleur, avec un dénivelé non négligeable dès le départ. Nous étions préparés, mais quand même, ça fait mal. D’autant que la majeure partie du trajet est assez monotone. Pas vraiment de choses à regarder. On ne voit pas vraiment la mer (on est trop loin de la côte) et on ne fait que monter et descendre dans les champs. À part la pause-café face à une plage en croissant de lune et une jolie dune au loin (nous aurions dû nous en approcher, mais une gentille dame nous a « cordialement » indiqué que la promenade de planches était interdite aux vélos. On cherche toujours le panneau…), et la route longeant la lagune d’Óbidos en fin de trajet, cette journée ne restera pas dans les annales. Sauf à l’arrivée. La ville fortifiée est magnifique! Bien sûr, il faut mettre de côté la folie des fêtes et le parc d’attractions installé temporairement en cette fin d’année. Malgré cela, on ne peut que s’émerveiller devant les remparts, les tours et les habitations traditionnelles. Nous sommes littéralement transportés dans une autre époque.

Le lendemain, nous partons vers Peniche, autre ville touristique, située sur la côte cette fois. Nous sommes surpris de traverser la brousse au départ pour nous retrouver au bord de la lagune que longeons par l’autre rive. Il fait beau, c’est plat, on peut observer les oiseaux au fil de l’eau et les kitesurfeurs dans la baie. La journée est plus agréable que la veille.

Peniche, l’un des plus gros ports de pêche du pays, est un autre paradis pour les surfeurs Mais elle est également intéressante pour son paysage pour le moins atypique. Ses strates géologiques datant de l’époque jurassique offrent une vision lunaire du fait des formes et les couleurs. On se croirait sur une autre planète. Et les immenses vagues en toile de fond qui viennent claquer sur les roches ne font que renforcer la beauté des lieux. Difficile de se décider à rentrer. Mais pour arriver là, il nous a fallu affronter le dénivelé de la deuxième partie du trajet. Nous en avons plein les jambes et sommes quand même contents de pouvoir aller nous allonger.

Vers Santa Cruz, ou plus exactement Praia Azul, le chemin est encore bien difficile. Les 55 kilomètres sont un supplice pour moi tant les montées et les décentes incessantes sont nombreuses. Cela fait un peu penser à la Normandie. Logique, nous sommes sur des falaises. Sauf qu’en prime, nous avons retrouvé l’Eurovéloroute 1, et il faut bien l’avouer, les véloroutes empruntent souvent les pires itinéraires. Genre chemins de terre agricoles non asphaltés, routes de sable totalement instables sur un vélo… tout cela sous prétexte d’éviter coûte que coûte les grandes routes. Nous avons souvent râlé contre les Eurovéloroutes depuis notre départ, mais au Portugal, c’est vraiment n’importe quoi. En fait, seul le site officiel Eurovélo connaît l’itinéraire de la Véloroute 1. Autrement, elle n’est indiquée nulle part et nous nous fions à un balisage approximatif qui correspond généralement à celui d’un sentier de randonnée. Heureusement que Stéphane est au top de la technologie et qu’il nous trace l’itinéraire à l’avance sur son GPS (hé oui, il m’arrive de ne pas être de mauvaise foi et de reconnaître que parfois, la technologie contre laquelle je râle sans cesse peut s’avérer utile). Bref, aujourd’hui, nous avons encore eu un bel exemple d’itinéraire débile lorsque nous nous retrouvons dans les champs, sur une route recouverte de sable. Résultat : une belle chute pour Stéphane. Plus de peur que de mal, mais vu de derrière, c’était assez impressionnant.

Autre point digne de mention : depuis que nous longeons la côte, nous sommes assez surpris de voir à quel point tout l’argent du Portugal semble s’y concentrer. Les immeubles balnéaires se succèdent, des villas de particuliers aux immenses complexes hôteliers, pas toujours de très bon goût. Tout ce qui n’est pas terres agricoles est soit en construction, soit construit de bâtiments touristiques tous plus luxueux les uns que les autres. Plus grand-chose de traditionnel ici, c’est un peu triste.

Nous-mêmes, nous n’avons pu échapper à cette tendance, les prix des hébergements étaient si élevés à Santa Cruz (nous n’avons pas compris pourquoi, la ville ne nous a pas emballés à part pour son front de mer) que nous avons dû nous résoudre à réserver pour la nuit un appart’ hôtel « de luxe », à l’extérieur. Au moins, nous avons une cuisine, et la vue sur la mer (derrière le parking) est quand même agréable. Mais après la journée que nous venons de passer, l’appel du lit ne se fera pas attendre longtemps et nous n’irons même pas nous promener sur la plage.

Dernière étape avant Lisbonne : départ pour Sintra. Encore une journée difficile qui s’annonce, mais le repos qui nous attend pour les prochains jours nous encourage. Sauf que dès le début, les jambes souffrent. Ça monte, ça descend, ça monte, ça descend. Dans les chemins de terre, qui plus est. Et il fait tout gris, e n’est pas très encourageant. Nous finissons par rejoindre une route nationale très empruntée, que nous ne quitterons pas jusqu’à notre destination. Même si depuis que nous avons retrouvé la côte, les automobilistes semblent faire un peu plus attention à nous, ce n’est quand même pas la norme et nous n’éprouvons pas un grand plaisir à nous trouver là. Surtout que le paysage est franchement monotone encore une fois. Et que ça ne cesse de grimper.

Après une pause-café coûteuse (4 euros pour deux cafés, le coût de la vie a sacrément augmenté; récemment, on payait 1,80 euros pour deux) au bord de la mer pour observer les surfeurs une dernière fois avant de quitter le littoral pour quelques jours, nous nous lançons dans une montée quasiment ininterrompue jusqu’à Sintra, où nous arriverons en fin de journée, accompagnés de quelques gouttes. Notre première pluie portugaise. Nous posons avec plaisir et soulagement nos valises dans le charmant loft en mezzanine qui sera notre chez-nous jusqu’à l’année prochaine et nous préparons à finir 2023 dans un petit cocon douillet.

Plus de photos d’Óbidos et Peniche ici.


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