Vers Salamanca

Il nous faudra trois étapes pour rejoindre Salamanca. Nous nous arrêterons dans les villages suivants : Tordesillas, Toro et Zamora. La sortie de Valladolid est magnifique, nous traversons la pinède de Antequera sous le soleil. Cela ne nous réchauffe pas les pieds mais après la pluie des derniers jours, cela nous donne du cœur à l’ouvrage ou plutôt au pédalage…

Arrivés à Tordesillas, nous remarquons beaucoup d’affiches sur les murs ou dans les voitures avec une photo de taureau. Il nous faudra quelques temps pour comprendre que ces affiches célèbrent le Taureau de la Vega, un festival médiéval – tant pour l’époque que pour la pratique – qui consiste à lâcher un taureau spécialement choisi (le chanceux!), pesant entre 5 et 600 kilos et âgé de 4 à 7 ans, depuis le vieux pont de la ville parmi des centaines de lanciers à pied ou à cheval, de le rendre fou, de le blesser à coups de lances et de l’emmener dans une zone dégagée afin de l’achever toujours à coups de lances. Cette tradition a été jugée barbare par la Cour Suprême Espagnole et le festival a été interdit pour revenir quelques années plus tard avec de nouvelles règles. Le taureau n’est plus mis à mort… Une fois l’information digérée, nous pouvons tout de même profiter du quartier historique, de la plaza mayor, des cafés de la place, des églises, des nids de cigognes en haut des clochers (il y en a vraiment partout), des rues étroites et de ce fameux pont.

Notre deuxième étape sera le village Toro. Il n’y a pas 40 km pour le rejoindre et notre hôtel est en plein centre. Autant dire que nous y serons tôt le lendemain en plus d’être au cœur de l’action. Toro est un village médiéval fortifié très joli, même s’il donne l’impression de tomber en ruines. L’entrée dans le village est magnifique avec cette rue de galets qui vous emmène sans ménagement (15 %) vers les remparts. Malheureusement, la végétation prend le dessus ici et là. On a l’impression que la municipalité n’entretient pas les lieux ou très peu. C’est pourtant une région vinicole, le Toro est d’ailleurs un vin AOP, il doit donc y avoir un tourisme très fort en été. Le centre historique est lui aussi très joli même si cela ne change pas beaucoup des villages précédents. L’organisation reste la même : une plaza mayor, des rues étroites, des églises avec encore des nids de cigognes (faut bien que les églises servent à quelques chose, hahaha), des vieilles maisons et des remparts.

Troisième étape, nous sommes à Zamora. La ville est plus grande que les deux précédentes. Et il y a beaucoup à faire. Cette ville est tout en longueur avec une rue piétonne qui relie la plaza mayor et son quartier historique au quartier historique encore plus vieux où se trouvent un vieux château et une cathédrale. On se croirait dans un musée roman à ciel ouvert. On y compte un nombre impressionnant d’églises romanes. Comme il est encore tôt, nous ne pouvons laisser nos affaires à l’hôtel, nous allons donc visiter le château et les alentours. Nous terminerons la visite de la ville à la nuit tombée. Passé 17 h, la ville s’anime à nouveau, les rues se remplissent, les lumières de Noël attirent beaucoup de badauds. Nous aussi, nous reprenons notre déambulation, la plaza mayor, les artères étroites… etc. La routine quoi. Par contre, Zamora a en plus un Parador et des moulins à eau sur le fleuve Duero et c’est la première ville dans laquelle on verra des représentations des Nazaréens. Un parador est un hôtel de luxe généralement implanté dans un bâtiment classé monument historique, rien à voir avec notre hôtel à pas cher. Notre journée bien remplie se termine dans le café du parador. Si on ne peut pas se payer la chambre, on va au moins visiter les lieux et y boire un café.

Demain, dernière ligne droite, 70 km plein sud vers Salamanca.


Plus de photos sur ces étapes ici.


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