Retour aux sources

Ou plutôt, au lac. Il y a bien longtemps que nous n’avions pas posé les fesses dans un canot. C’est maintenant chose faite. La météo jouant toujours en notre faveur, nous avons décidé, pour changer un peu de l’océan, de nous tourner vers le parc national Kejimkujik pour un week-end de canot-camping. Ce parc, que nous n’avions vu qu’en hiver et qui ne nous avait pas impressionnés par ses sentiers ni par ses paysages (du bois, du bois, du bois…) semble avoir beaucoup plus d’intérêt en été avec ses nombreux lacs et toutes ses îles. Allons voir ça. C’est parti pour deux jours d’exploration.
Nous n’avons plus de canot depuis que nous avons quitté les Territoires du Nord-Ouest, il nous a donc fallu en louer un. C’est très facile puisque nous sommes dans un parc national et que tous les services sont offerts. Une petite boutique se trouve donc au bord du plus grand lac (Kejimkujik, vous l’aurez deviné) et propose des locations de canots, de kayaks, de planches à rame (stand-up paddle pour les francophones 😊), des excursions guidées… il y en a pour tous les goûts.
Après le canot, il nous faut réserver un emplacement de camping. Eh oui, on ne campe pas n’importe où comme on veut dans les parcs nationaux… Comme c’est encore l’été, nous n’avions pas l’embarras du choix, nous avons donc opté pour ce qui restait : un site de l’autre côté du lac.
Alors, c’est parti, sous un beau et grand soleil, un beau week-end en perspective. Nous prenons possession de notre embarcation sans problème, chargeons nos quelques affaires, et go! On retrouve vite les habitudes, même si ça fait longtemps. Et ça fait plaisir. Le départ se fait sur un petit bras de rivière tout tranquille, parfait pour reprendre la main. Nous arrivons ensuite à l’embouchure du lac. Il n’est pas très grand sur la carte (5 km jusqu’au campement) et nous devrions le traverser assez vite. Mais nous déchantons rapidement. Les premiers coups de pagaie se font sans trop de difficulté, bien que nous nous rendions compte de la présence d’une légère brise. Nous nous arrêtons pique-niquer sur une île et prenons du bon temps avant de repartir pour la destination finale. Et c’est là que ça se complique. La petite brise s’est transformée en vent violent, et nous nous retrouvons sur des vagues d’au moins 50 cm (sûrement plus, mais c’est difficile à évaluer quand on se bat contre elles pour avancer) et des rafales à plus de 50 km/h. La jeune femme nous l’avait dit, it’s a gusty day today, comprendre il y a du vent en rafales aujourd’hui. Et là, c’est le drame… Le vent nous dévie, nous sommes bientôt emportés en plein milieu du lac, le pire endroit où se retrouver dans de telles conditions. On le sait bien, mais la théorie et la pratique, souvent, c’est différent. Impossible de redresser le canot. Bref, il nous a fallu un peu de temps, beaucoup d’efforts et quelques vagues dans la tronche pour enfin réussir à rejoindre la rive opposée, complètement épuisés (surtout moi) et bien découragés (surtout moi). Nous resterons sur la rive, un peu échoués, un peu dégoûtés, pendant une bonne heure, à écoper l’eau dans le fond du canot, regarder les vagues claquer contre les rochers. Il faut se rendre à l’évidence, on ne pourra pas rejoindre notre campement. Retourner au point de départ? Certainement pas… La fierté de Stéphane est en jeu. Alors, après avoir étudié la carte, on décide de reprendre l’eau, le vent dans le dos et prendre un bras du lac qui devrait être protégé par une avancée de terre (Indian Point) et de camper à Nancy Cove, sur un emplacement normalement réservé aux pique-niques. Et effectivement, une fois passé derrière Indian Point, le lac est à nouveau calme. Quelques coups de pagaie plus tard, nous sommes dans la petite crique où se trouve notre point de chute improvisé. On y fait quelques manœuvres, Mélanie à la barre. L’aire de pique-nique est sommaire, une table en bois et les fameuses chaises rouges de Parcs Canada, juste pour nous! Il nous reste à installer la tente derrière les chaises, histoire d’être un peu camouflés et de regarder la nuit tomber sur le lac.

Finalement, la journée se termine bien et calmement. Par contre, on n’a aucune idée du temps qu’il fera demain. On espère que le vent sera tombé et que nous pourrons pagayer un peu plus.
Le lendemain matin, le ciel est très nuageux, un peu gris. Il va sûrement pleuvoir, mais il n’y a aucun vent sur notre petite crique. On prend le temps de manger, de remballer nos affaires et nous remettons le canot à l’eau. On ne sait toujours pas comment sera le lac passé notre bout de terre protecteur mais on espère trouver un plan d’eau calme. Et c’est le cas. Le lac est méconnaissable. Hier des vagues, aujourd’hui un miroir. On décide donc de rattraper le temps perdu et de nous promener. On enquille les kilomètres. Stéphane, à la barre, est heureux. Quant à moi, j’en profite pour travailler mes appels et mes écarts*. La prochaine fois, nous avons raison du vent et des vagues!
Nous ramenons le canot. Impressionnée, la jeune femme de l’accueil nous raconte que presque toutes les personnes ayant loué une embarcation pour le week-end ont rebroussé chemin… à part nous. Bon, on lui a quand même dit qu’on n’était pas allés jusqu’au bout. Mais c’est donc-une demi-victoire sur Kejimkujik.

Vous l’aurez compris, c’est Stéphane qui a écrit cette partie du texte 😉 Moi, je ne sais même pas ce que ça veut dire.
Et sinon, quoi de neuf?

Stéphane a été pris d’une envie de refaire la cuisine. Comme ça, ben oui, il a vu du blanc partout. Il en avait marre du lino. Personnellement, je n’ai rien contre les travaux – surtout quand ce n’est pas moi qui les fait. Et voilà le travail! On ne voit pas tout, mais ça donne un bel aperçu du travail accompli.

Et puis on a fait une petite récolte. Finalement, ça n’aura pas été si mal. On croise les doigts pour faire mieux l’année prochaine!


2 pensées

  1. Salut les copains. Hey bien ça n’arrête pas vos aventures à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison. La fierté et l’orgeuil aide à pagayer c’est certain. Bravo!

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