Du nord au sud – Partie 2

La ruée vers l’or

Nous voici à Dawson, point de rassemblement des chercheurs d’or à la fin du XIXe siècle, la ville de 1 500 habitants en comptait 40 000 à la grande époque. Époque qui n’a en fait été que de courte durée puisqu’en deux ans, les pépites avait déjà pratiquement disparu des ruisseaux et la Ruée touchait à sa fin. Finalement, beaucoup d’orpailleurs sont arrivés trop tard et peu de gens ont réellement fait fortune : nombreux sont ceux qui dépensaient immédiatement ce qu’ils gagnaient, d’où l’expression anglaise « mining a miner », qui fait référence à l’enrichissement des commerçants sur le dos des mineurs. Comme tous les touristes, nous étions là pour en savoir un peu plus sur cette époque et pour nous faire une idée de ce à quoi pouvait ressembler la vie en ce temps-là. Ce ne sont pas les entreprises touristiques qui manquent pour cela, on peut goûter à tout : visite de bâtiments historiques avec des guides en costume d’époque, soirées au casino, spectacles de cancan, initiation à l’orpaillage… Il y en a pour tous les goûts! Nous ne sommes pas des adeptes des visites guidées, mais nous voulions voir la drague no 4, la plus grande encore entière, et cela ne se faisait qu’avec un guide. Et tant mieux, car vu nos connaissances en la matière, il nous aurait été bien difficile de comprendre comment ça marchait. Et le prix assez prohibitif en décourageant plus d’un, nous avons eu droit à une visite privée, en français qui plus est, car la guide était Québécoise. Tout ce qu’il fallait pour découvrir le fonctionnement de cet engin de la taille d’un immeuble de huit étage responsable de la formation des immenses tas de pierres sinueux que l’on voit partout aux abords de la ville.

Cette vision du passé nous a donné envie d’en savoir plus sur l’exploitation actuelle des champs aurifères, car oui, on cherche encore de l’or à Dawson. Et on en trouve! Nous nous sommes donc joints à un groupe le lendemain pour aller visiter une mine exploitée, à ciel ouvert. La technique utilisée actuellement nous intriguait et nous avons été étonnés de voir que sur place, ce ne sont que des pelleteuses qui creusent et qui font des tas près de ruisseaux. On pourrait passer à côté d’une mine sans s’en rendre compte. Mais c’est plus organisé que cela et les ouvriers savent (sûrement) ce qu’ils font… Nous avons fini cette excursion par une initiation à l’orpaillage. À défaut de pépites, nous avons trouvé quelques flocons : le début de la richesse!

Pour ne garder au final…

Après une séance d’orpaillage, rien de tel qu’un apéro au bordel de la ville, chez Bombay Peggy’s!

Pour fêter notre succès, nous sommes allés boire un cocktail dans l’ancienne maison close Bombay Peggy’s que nous avions beaucoup aimée lors de notre premier séjour dans la ville en octobre dernier, puis avons immortalisé notre passage dans l’ancien temps par une photo qui vaut son pesant d’or. Et nous ne pouvions partir sans une soirée typique de la grande époque : nous devions vivre une soirée de débauche. Le casino nous a ouvert ses portes (mais pas le porte-monnaie, il ne faut pas exagérer) et le spectacle a fait son effet. On s’y serait cru.

Satisfaits de ce que la ville nous avait offert, nous avons plié bagage et nous sommes engagés sur la route Top of the World qui nous a fait voyager sur le toit du monde jusqu’en Alaska, toujours sur le chemin des chercheurs d’or. C’est là que nous nous sommes rendu compte qu’il nous restait deux semaines de vacances et pas une comme je le croyais. Des surprises comme ça, on en veut bien tous les jours. Il fallait donc modifier notre itinéraire, pas question de rentrer à Whitehorse si tôt ! Plusieurs choix s’offraient à nous :

– Poursuivre le chemin prévu, c’est-à-dire retourner au Canada directement puis descendre à Haines en s’arrêtant en chemin pour une rando que nous voulons faire depuis un certain temps, puis prendre un traversier pour aller découvrir Juneau, la capitale de l’Alaska;
– Rester en Alaska dans les terres et nous rende au parc Denali, puis aller visiter Anchorage, la plus grande ville de l’état;
– Aller jusqu’à Anchorage et prendre un traversier jusque Haines.

C’est la première solution que nous avons choisie, la plus simple à mettre en œuvre. Direction le Canada, donc, avec pour objectif le passage de la frontière avant le soir pour camper dans le premier camping territorial du Yukon. Avec un arrêt obligatoire à Chicken, parce que ça permet de faire une pause, et aussi parce que c’est drôle. Et on a quand même pu y voir l’une des dernières dragues américaines encore debout. Moins grosse que celle de Dawson, et moins bien entretenue, mais tout de même impressionnante. Mission accomplie. On est de retour à la maison pour manger, et les moustiques nous ont réservé un super accueil. Ahhhh, quel bonheur de se sentir chez soi!


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