10 jours intenses

Nous voilà au terme de 10 jours qui ont été mouvementés, forts en émotions et riches en expériences. En fait, le dernier mois a été bien rempli et nous avons eu peu de temps pour donner des nouvelles. En voici donc.

Le gros événement qui a occupé toute l’attention ici ces derniers temps sont les inondations qui ont touché l’Alberta à la mi-juin. De cela, nous en avions déjà parlé. Suite à cela, nous avons été plus ou moins bloqués à Canmore pendant une semaine complète, pratiquement coupés du monde. Enfin, n’exagérons rien, nous n’avons jamais manqué des produits de première nécessité. Mais la route était coupée des deux côtés de Canmore, fermée aux véhicules de tourisme. Seuls pouvaient passer les transports collectifs, peu nombreux, et les camions. Et nous n’avons plus eu d’eau potable pendant plusieurs semaines. Il fallait la faire bouillir car les canalisations avaient été contaminées. Nous pouvons boire l’eau de nouveau seulement depuis hier. Le fait d’avoir été un peu coupés de la réalité de cette manière explique notre surprise chaque fois que nous nous déplaçons dans Canmore ou aux alentours, car nous n’avions aucune idée de l’étendue des dégâts. Mais à présent que les routes ont plus ou moins rouvertes, chaque promenade ou chaque déplacement apporte son lot de surprise. Il est encore difficile de marcher comme on veut le long de la rivière, par exemple. Ou encore, on a pu voir à quel point le quartier où le Cougar creek a débordé a été dévasté. Je m’y suis rendue cette semaine pour faire prendre mes empreintes digitales pour le renouvellement de ma carte de résident permanent, et ce ne sont que pelleteuses, grues et camions qui ramassent et repoussent les débris. C’est vraiment impressionnant. Nous nous sommes rendus comptes également que bon nombre de commerces avaient été touchés et avaient dû fermer, au moins temporairement. Bref, il faudra du temps pour tout remettre en état. Et comme les compagnies d’assurance n’assurent pas pour ce genre de dommages, la province de l’Alberta a décidé de mettre la main à la patte pour aider les personnes les plus touchées, celles qui ont tout perdu. Ce qui est sûr, c’est que les gens d’ici n’ont jamais connu cela ! Et on peut dire que nous avons de la chance d’être situés où nous sommes et de n’avoir pas été touchés du tout. Les maisons des rues autour de chez nous pompent encore leurs sous-sols…

Nos nouveaux amis Suisses, Ophélie et Albéric, quant à eux, ont été victimes des intempéries, bien qu’indirectement. Nous les avions laissés à Lac Louise et devions les retrouver à Jasper le week-end du 1er juillet. Seulement, entre-temps, il a tellement plu qu’ils se sont aperçus que Ping-car prenait l’eau au niveau de la couchette du haut. Les dégâts étaient si importants que toute la structure du lit et les parois partaient littéralement en lambeaux. Le problème est qu’il ne cessait de pleuvoir et que tout le véhicule commençait à prendre l’eau. Et à Lac Louise, les réparateurs de VR ne courent pas les rues. Ils ont donc choisi de retourner à Banff et de chercher quelqu’un qui pourrait les aider. Malheureusement, à Banff, il n’y a pas grand-chose non plus. Et impossible de revenir à Canmore avec le camping-car en raison des inondations et de la route fermée. Ils ont donc fini par trouver quelqu’un qui pouvait les aider sur place et, en attendant que la route rouvre, nous avons eu la visite d’Ophélie et des enfants quelques fois. Finalement, le camping-car devait être réparé pour le week-end et il était prévu que nous nous retrouvions à Jasper le samedi 29 au soir.

Entre-temps, dans le registre des bonnes nouvelles (il en faut), Marie est arrivée de Montréal pour passer 10 jours en notre compagnie. Elle est arrivée le mercredi 26 avec une navette de l’aéroport. À ce moment-là, il était encore compliqué de sortir de Canmore en voiture de tourisme. Elle est finalement arrivée en fin d’après-midi, et cela a marqué le début de 10 jours de rigolade et de bons moments. Quel bonheur de la revoir après tout ce temps ! Du coup, j’en ai profité pour prendre une petite semaine de congé, plutôt bienvenue je dois dire (bien que pas très reposante) histoire de passer du temps avec elle. Et, pour bien commencer le séjour quoi de mieux qu’une tonte de gazon?

Nous avons prévu de passer le week-end férié à Jasper, que nous n’avions visité que très brièvement sous la pluie l’an dernier avec Clem et Manu. Au programme, camping, rando, barbecue, et rigolade. Nous devons retrouver Olivier, notre cycliste Belge, qui s’y trouve déjà depuis quelques temps. Et Nos amis Suisses doivent également nous rejoindre une fois leur camping-car réparé. Enfin, cela, c’est s’ils ouvrent la route entre Canmore et Banff, qui est toujours coupée depuis que la rivière a fait s’effondrer deux ponts. Ce n’est qu’au dernier moment que nous avons su que nous pouvions passer : les ouvriers ont travaillé jour et nuit pour permettre aux gens d’aller profiter des Rocheuses pendant le long week-end. Nous voilà donc partis samedi matin pour Jasper, avec quelques arrêts touristiques prévus sur la Promenade des glaciers : les habituels lacs Peyto et Bow, Saskatchewan Crossing, etc. Le tout sous un soleil radieux, ai-je oublié de le préciser ? Nous arrivons à Jasper en fin de journée, où nous retrouvons Olivier, et nous nous mettons en quête d’un emplacement de camping. Vaste programme en cette longue fin de semaine ensoleillée : tous les campings sont pris d’assaut.

Nous n’aurons d’autre choix que de passer la nuit au camping supplémentaire prévu pour ces situations : en fait un vaste terrain vague sur lequel chacun s’installe comme il le peut. Comme ce n’est vraiment pas l’endroit rêvé, nous décidons de retourner en ville et d’y passer la soirée et de ne retourner au camping que pour passer la nuit, en espérant que demain, nous pourrons trouver mieux. De toute façon, nous avons du temps à rattraper avec Olivier qui doit nous conter toutes ses mésaventures, et il nous faut une connexion Internet si nous voulons retrouver la trace d’Ophélie et d’Albéric. Malheureusement, cela ne donne rien et nous rentrons au camping sans avoir eu de leurs nouvelles. Petite parenthèse, Jasper étant encore plus au nord, il fait nuit beaucoup plus tard. Nous avions encore un peu de lumière du jour à 23 h 45. Cela nous a rappelé Terre-Neuve…
Le lendemain, au programme, randonnée du côté du Lac Maligne, parce que nous étions restés sur notre faim il y a un an. Mais avant toute chose, nous essayons de trouver un emplacement dans le vrai camping, le même que l’an dernier. La chance nous sourit et nous trouvons le dernier emplacement disponible. Cool ! On s’installe. Ensuite, direction Jasper pour le petit déj’, au fameux café réputé pour ses scones au chocolat blanc et à la framboise, (toujours aussi bons !) et pour vérifier les mails : toujours pas de nouvelles de nos amis. Nous faisons ensuite quelques courses pour le pique-nique du midi et là, que voit-on devant le supermarché : Ping-car ! C’est pas vrai. Nous voilà donc repartis à l’info touristique pour aller voir si nos Suisses y sont, mais non, ils restent introuvables. C’est pas possible… Il ne nous reste qu’une solution : laisser un mot sur leur pare-brise leur indiquant notre programme et notre emplacement pour le soir, en espérant les retrouver dans la journée.
Nous partons donc pour le lac Maligne, et là, je ne dirais qu’une chose : sous le soleil, c’est vachement mieux ! On ne s’était pas aperçus la dernière fois que les lacs du coin étaient turquoise eux aussi… Notre randonnée sur la colline Opal ne nous a pas déçus non plus (si ce n’est par l’absence de grizzlis, décidément, ils ne veulent pas se montrer ceux-là). Comme d’habitude, les photos parlent d’elles-mêmes.

Une fois notre balade terminée, nous pique-niquons au bord du lac, puis allons nous promener le long de la rive et retournons tranquillement à notre van (il va falloir que nous lui trouvions un nom, à celui-là…), puis repartons vers Jasper. Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous trouvons garés Ping-car devant notre emplacement, avec à l’intérieur Ophélie, Albéric, Maël et Élyne. Ils ont finalement trouvé le mot que nous avions laissé sur leur pare-brise et sont venus attendre notre retour.
Nous sommes bien contents de les retrouver, mais attendons avec impatience de savoir ce qui les a retenu une nuit de plus. Les pauvres, après avoir passé tout le samedi à réparer la couchette, ont eu un problème moteur sur la route (désolée pour le manque de détails les amis, mais je ne me souviens plus précisément de ce qui s’est passé) et sont restés bloqués sur la Promenade des glaciers. Heureusement, un chauffeur a accepté de les aider et leur a trafiqué quelque chose avec du scotch pour que la courroie tienne jusque Jasper. Vous imaginez à quel point ils sont arrivés détendus. Et, week-end férié oblige, ils doivent attendre mardi pour pouvoir se rendre dans un garage et faire réparer tout cela. En tout cas, ils sont là, nous sommes rassurés, et nous passons une très bonne soirée tous ensemble au coin du feu.
Lundi, c’est le 1er juillet, la fête du Canada ! Comme nos amis Suisses ne peuvent pas se déplacer trop loin avec leur véhicule, nous choisissons de passer la journée à proximité de Jasper. Il y a pas mal d’endroits à découvrir, plein de lacs, de petits sentiers, etc. C’est donc au bord des lacs Edith et Annette que nous passerons nos dernières heures ensemble, loin de la foule (à peu près) de la parade et autres activités habituelles du 1er juillet. Arrive ensuite l’heure du retour vers Canmore, et c’est ainsi que nous nous séparons d’Ophélie et d’Albéric, le cœur gros. Nous avons été vraiment chanceux de les rencontrer, et avons partagé d’excellents moments ensemble. Il nous semble que le couchsurfing, ce devrait être cela tout le temps ! Nous leur souhaitons donc bonne route pour la suite de leurs aventures, et qui sait, peut-être nous croiserons-nous de nouveau dans les Rocheuses ? En tout cas, n’hésitez pas à repasser nous voir, notre porte vous est grande ouverte !
Nous reprenons donc la route jusque Canmore en faisant une halte à l’étang Edith Cavell, avec les glaciers Angel et Ghost, que nous avions beaucoup aimé l’an passé. Et bien le paysage a un peu changé (le sentier, surtout), car le glacier Ghost est tombé dans l’étang Edith Cavell. On ne peut plus s’approcher autant, mais le paysage est toujours aussi magnifique. Nous avons ensuite fait une halte au Champ de glace Columbia, arrêt pratiquement obligatoire sur la Promenade des glaciers, puis avons rejoint Canmore, avec un invité surprise (enfin, est-ce vraiment une surprise ?) : Olivier, que nous devions déposer à Lac Louise, mais qui s’est finalement laissé convaincre de passer quelques jours supplémentaires chez nous.
Après cela, j’étais en vacances. J’avais pris quelques jours pour profiter de la présence de Marie, et cela m’a fait beaucoup de bien. Nous avons pu passer du temps ensemble, dormir plus tard que d’habitude, faire des trucs de filles, et bien sûr, nous marrer ! Nous avons passé une semaine géniale, c’était un vrai plaisir de se retrouver. C’est encore dans ces cas-là qu’on se rend compte à quel point ça manque de ne pas se voir plus souvent… Mais bien sûr, toutes les bonnes choses ont une fin. Il ne faut pas en abuser, ainsi, on sait les apprécier lorsqu’elles se reproduisent. Le week-end est donc arrivé et avec lui, les adieux inévitables. C’est d’abord Olivier qui a finalement réussi à reprendre la route. Nous l’avons déposé à Lake Louise, où nous nous rendions pour montrer à Marie les fameux lacs Louise et Moraine avant qu’elle ne reparte pour l’est. Mais c’est vers l’ouest que notre cycliste s’est dirigé pour la suite de son voyage, avec un peu de retard par rapport à son planning, il faut bien l’avouer. En tout cas nous avons adoré l’héberger, écouter ses histoires (et son accent, ha ha) belges, manger du chocolat, boire de la bonne bière (belge ou non), et jouer au Tabou en sa compagnie. C’est vraiment quelqu’un qui gagne à être connu, et le couchsurfing nous en aura donné la chance. Encore une expérience comme on devrait et aimerait en vivre chaque fois. Nous espérons bien que nos chemins se croiseront de nouveau. En tous cas, Olivier, tu le sais, notre porte est grande ouverte, tu reviens quand tu veux.

Et c’est le cœur gros et sous la pluie que nous sommes allés marcher autour du lac Louise, sur les conseils d’Ophélie et Albéric. Nous n’étions toujours allés qu’au bord du lac, cette fois, nous avons décidé d’aller le voir d’en haut, car j’avais été intriguée par leur photos sur lesquels il apparaissait turquoise. Fait intéressant que nous ignorions, le lac contient des farines de roches qui proviennent des glaciers, ce qui lui donne sa couleur, qui change en fonction de l’heure de la journée (contrairement au lac Moraine, qui lui est toujours turquoise ; merci Ophélie pour ces précisions 😉 ). Nous avons donc voulu aller voir cela de plus près, ou plutôt, de plus haut. Malheureusement, la météo capricieuse ne nous a pas permis de voir ce que nous voulions pendant la première marche jusqu’au salon de thé. Par contre, nous avons croisé quelques petits lacs turquoise en chemin, notamment le lac Miroir. En revanche, en allant de l’autre côté, nous avons effectivement eu la chance, entre deux averses, de voir que le lac pouvait prendre des teintes différentes, que nous ne lui connaissions pas. Il ne nous reste plus qu’à y retourner le matin, au soleil, pour comparer ! Nous sommes ensuite rentrés profiter de notre dernière soirée avec notre invitée, après une petite boucle au lac Moraine, qui ne déçoit décidément jamais, même sous la pluie. On ne s’en lasse vraiment pas. Petite note négative tout de même : c’est le plein été, et cela se sent. Il y a un monde !!! Il va falloir penser à décaler nos horaires de sortie pour arriver plus tard sur les lieux touristiques et éviter la foule. La soirée a été plutôt tranquille en prévision du réveil matinal prévu le lendemain pour se rendre à l’aéroport.

Nous en avons tout de même profité pour aller tester l’un des rares pubs de la ville, le Georgetown, qui nous avait été conseillé. Il s’agit en fait d’une auberge qui fait pub et resto, dans un style très anglais. On nous avait vanté ses fish hand chips : c’est vrai, ils sont bons. Nous n’avons pas été déçus. L’endroit est sympa, nous y retournerons.
Nous voilà donc déjà dix jours plus tard, à l’aéroport de Calgary, où nous laissons Marie, avec encore une fois la larme à l’œil (pour moi, bien sûr, je précise). Décidément, cela fait beaucoup de séparation en peu de temps. Et avec le temps qui passe, elles semblent de plus en plus difficiles. Mais il ne faut pas regarder en arrière et se tourner plutôt vers ce qui nous attend : Sophie et Nico qui arrivent du Québec d’ici deux semaines (nous allons pouvoir faire la connaissance de leur petit Thomas), la famille Teyssier qui nous rend visite mi-août, Anna et Pierre qui viennent passer dix jours dans les Rocheuses en septembre ; nous ne manquerons pas de visiteurs, et cela nous fait bien plaisir. Je ne m’attarde pas sur la déception provoquée par l’annulation du voyage de Minièle. Ils sont les premiers à être déçus, inutile de remuer le couteau dans la plaie. Rassurez-vous tous les deux, ce sera encore mieux la prochaine fois, et Michel pourra galoper comme un lapin ! Mais d’ici-là, on se repose et on récupère, et cela vaut pour tout le monde.


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