Difunta Correa

Après cette bien courte nuit, nous sommes sur le pied de guerre à 5 h 45. Nous devons être à l’entrée du camping à 6 h 30 pour être certains de ne pas manquer le bus qui nous ramènera en ville, et nous permettra de prendre notre correspondance de 8 h. Ce matin, nous allons faire un peu de tourisme religieux : nous allons visiter le village de Difunta Correa.

Selon la légende, Difunta Correa est une jeune femme qui, dans les années 1840, a suivi, avec son enfant, les déplacements de son mari engagé dans l’armée. Elle avait emporté avec elle de la nourriture et de l’eau, mais en raison du climat et des températures, elle en est vite arrivée à bout, et est morte de faim et de soif en chemin. Elle aurait été retrouvée par des locaux, son enfant toujours vivant, à son sein. C’est le premier miracle qui lui a été attribué. Le lieu où nous nous rendons ce matin serait l’endroit où elle a été retrouvée morte. C’est devenu un lieu de pèlerinage visité par des milliers de personnes au moment des fêtes saintes. Il paraît que les fins de semaines sont des moments privilégiés pour s’y rendre, puisque les locaux y vont eux-mêmes pour se recueillir, faire des offrandes ou remercier Difunta Correa. Les chauffeurs poids-lourds sont réputés pour faire beaucoup d’offrandes, en échange de la protection de Difunta sur la route. D’ailleurs, dans tout le pays, sur le bord des routes, on peut voir des petits temples autour desquels sont posées des bouteilles d’eau, offertes en échange de la protection.

Nous arrivons dans un lieu bien étrange. Effectivement, il y a du monde. Les bus ne cessent de décharger les passagers, et il y a aussi énormément de voitures de particuliers. Au départ, il s’agissait uniquement d’un lieu de recueillement, mais à présent, en raison du nombre de personnes qui se rendent sur place, on trouve un marché d’articles d’artisanat, des restaurants et des cafés. Le tourisme fonctionne donc bien par ici. À part cela, on peut visiter plusieurs chapelles, dans lesquelles les gens viennent se recueillir. L’une d’entre elle serait l’endroit précis où Difunta a été retrouvée. Il y a des plaques de remerciement en métal sur tous les murs. Enfin, on accède au temple par un petit chemin en escaliers (que certaines personnes montent sur les genoux). Là-haut, on allume un cierge, vendu en bas dans toutes les échoppes. Il y a la queue dans les escaliers pour aller se recueillir sur le temple principal. Toute la montée est remplie de diverses choses accrochées par les gens en remerciement de la protection de la « sainte » (elle ne l’est pas officiellement), notamment des plaques d’immatriculation. C’est un peu un garage à ciel ouvert.

Pour nous, qui ne sommes absolument pas croyants, c’est une expérience. C’est impressionnant de voir autant de monde dévoué à cette Difunta Correa, qui n’est qu’une légende, et particulièrement des jeunes. On se rend compte à quel point la religion catholique est présente en Argentine. Il faut le dire, cela nous dépasse un peu.
Nous redescendons ensuite et allons prendre un café en attendant le bus, qui ne passe que dans 2 heures. Puis nous repartons pour San Juan, où nous prendrons un autre bus à 14 h, pour San Augustin de Valle Fertíl. C’est à 4 h de route, nous arriverons en début de soirée. De là, nous allons pouvoir aller visiter les deux grandes attractions de la région : le parc Ischigualasto et le parc Talampaya, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous voilà donc partis pour une virée de quelques jours dans le désert !

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