Los Alerces – Trevelin

Nous sommes sur le pied de guerre, il est 5 h 45. On remballe tout au son des divers volatiles locaux. C’est assez étonnant, on a droit à toute sorte de cris d’oiseaux. Il y a une horde de paons, que l’on reconnaît facilement dans le lointain, mais aussi une foule de cris qui nous sont totalement inconnus. Tout comme les responsables de ces cris, d’ailleurs. Hier, à côté des toilettes, j’ai vu un oiseau vraiment bizarre, de la taille d’une oie, mais tricolore, avec un bec pointu et recourbé d’au moins 15 cm. Je ne sais pas ce que c’est, mais son cri est assez bizarre.
On prend un rapide petit déj’, et on se met en route pour la gare routière. À 7 h 30, nous y sommes. Nous prenons le bus de 8 h, qui doit nous déposer à 9 h 15 à l’entrée du parc. Ensuite, c’est parti pour trois jours de marche. Espérons que les gardes du parc pourront nous garder quelques affaires. Sinon, le sac va être lourd…

Bon, et bien finalement, changement de programme total. Le sentier de rando que nous voulions faire est fermé, donc rien à faire à part des petites marches dans le coin. Nous aurions pu reprendre le bus et pousser plus au nord, pour aller marcher le long du lac. Mais l’idée de repayer le bus ne nous enchante guère. Nous décidons donc de rester dans le secteur de l’accueil, de faire une petite marche, et de reprendre le bus du soir pour Esquel. Nous sommes un peu déçus, d’autant que nous avons démonté la tente et que nous nous sommes levés super tôt pour rien. On aurait pu tout laisser sur place. Là, il va falloir remonter tout au camping ce soir, à 21 h, dans le noir…
La rando est jolie. C’est une quinzaine de kilomètres dans les arbres, mais la végétation est étonnante. Il y a toute sorte d’espèces (que nous ne connaissons pas, comme d’hab’, hi hi, on est nul en botanique…), y compris des bambous ! Les oiseaux aussi sont étonnants, et bien présents. On entend toute sorte de cris partout. On ne voit pas grand-chose, par contre…

À 14 h, nous sommes de retour et trois choix s’offrent à nous : retourner faire une marche, attendre le bus qui passe à 19 h 45 ou tenter le stop pour rentrer. Nous optons pour la dernière solution. Nous n’avons pas vraiment envie de retourner marcher, et quitte à attendre, autant attendre en essayant d’économiser le prix du bus. Et qui l’eût cru, en moins d’une heure, un gentil monsieur s’arrête et nous propose de nous déposer à Trevelin, 30 km au sud. C’est encore mieux, c’est notre route de demain. On gagne une demi-journée, et on arrivera avant la nuit. C’est parfait ! Le monsieur est très gentil. Il travaille dans les produits pharmaceutiques et voyage dans tout le sud du pays pour le boulot. Il nous fait la conversation sur la météo (aujourd’hui, il fait au moins 30 degrés, et il n’y a pas de vent. C’est totalement inhabituel par ici, en cette saison) et autre, et nous sommes vite arrivés à notre destination. Après un arrêt rapide à l’office de tourisme pour dégotter un camping, nous installons la tente vers 17 h. Nous sommes seuls.

Trevelin est une ancienne colonie galloise. C’est assez touristique (l’été) pour la tradition (le fameux thé et les tartes qui accompagnent), mais au printemps, c’est plutôt mort. D’ailleurs, c’est minuscule. Il n’y a qu’une rue pavée, le reste, c’est du ripio (gravier). Cela nous plaît bien, cette ambiance de village. Alors on se la coule douce au camping jusqu’au soir, sous le soleil, à regarder les montagnes sous la brume derrière nous. Ah oui, un détail dont nous n’avons pas parlé. Depuis notre passage à Buenos Aires, le volcan chilien Puyehue, un peu plus au nord, fait des siennes. Il n’est pas en éruption, mais s’est réveillé et crache cendres et fumée en permanence. Avec le vent, les cendres atterrissent en Argentine, comme c’est souvent le cas. Cela va peut-être compromettre, ou du moins modifier notre passage dans la région des lacs argentins un peu plus tard. Pour l’instant, nous ne sommes pas concernés. Enfin presque pas. Nous avons appris aujourd’hui que la brume que nous voyons à l’horizon, ce sont en fait les cendres du fameux volcan. En l’absence de vent, ce qui n’arrive que rarement, elles descendent vers la région d’Esquel et de Trevelin. Normalement, seule la zone de Bariloche devrait être touchée…

En attendant, nous planifions notre retour au Chili. Demain, stop jusqu’à la frontière. Selon les locaux, cela se fait bien. Et de là, on verra comment on procède. Notre point de chute est la ville de Chaiten, à 235 km de là où nous nous trouvons, à l’ouest, d’où nous espérons pouvoir prendre un bateau pour l’île de Chiloe.


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