Objectif Ushuaia en auto-stop

La nuit n’a pas été trop mauvaise. Il n’y avait pas grand monde dans le bus, on a pu avoir deux sièges chacun. Nous arrivons à Río Gallegos vers midi. Nous mangeons rapidement, et après m’être renseignée auprès du bureau d’information de la gare routière, nous nous dirigeons vers la station service la plus proche.
Objectif : Río Gallegos – Ushuaïa en stop, 400 km. Et ça commence plutôt bien. Après avoir demandé à tous les routiers où ils allaient (au Nord, donc pas dans notre direction), nous allons à l’entrée de la station et Umberto nous propose de nous emmener jusqu’à la frontière, à une centaine de km de là. Il nous dépose à la frontière, car il ne veut pas avoir à déclarer qu’il transporte de gens, nous ne savons pas exactement pourquoi. A priori, c’est pour éviter les mauvaises surprises au cas où on passerait des trucs illégaux… En tout cas, on passe la frontière sans problème, et les Chiliens ne passent même pas notre sac au scanner. Pour une fois, on a de la chance, on avait des fruits, hi hi. Nous voilà donc au Chili. On se place à l’entrée de la route, et après avoir vu passer 3 camions et 2 voitures, une auto s’arrête : c’est notre ami Umberto ! Cette fois, il nous propose de nous laisser au carrefour qui mène au traversier. Et oui, car il faut traverser le détroit de Magellan !

On s’engage sur la route, plusieurs camions passent, et en moins de 15 min, une voiture s’arrête. Le chauffeur nous emmène au traversier. Cool ! Bon, par contre, à cause du vent (ah oui, c’est vrai, on a oublié de vous dire, en Patagonie, il y a du vent, mais vraiment !!!), les traversées sont interrompues. Il semble que les traversiers aient cessé de fonctionner ce matin. On ne sait pas quand ils vont reprendre, mais selon les locaux, le vent cesse en général en fin de journée. On va voir. En attendant, on se promène un peu, puis on se met en quête de notre prochain chauffeur. Le deuxième véhicule est le bon : le monsieur, très gentil, nous dit qu’il va jusqu’à Cullen, un bled (en fait, même pas, juste une station de traitement du pétrole), mais qu’il peut nous laisser à Cerro Sombreros, une petite ville quelques km avant. C’est un peu plus au nord que ce que nous cherchons, mais bon, on ne va pas faire les difficiles…

Finalement, les traversées reprennent vers 17 h 30. On n’a quasiment pas attendu. Une fois de l’autre côté, c’est parti pour une centaine de km de route… non pavée ! Ça vous rappelle quelque chose ? Notre chauffeur travaille dans le pétrole, il se rend 5 km avant Cullen pour décharger un camion d’on ne sait quoi. Oui, parce que dans le Sud, il y a du pétrole. C’est riche, et ça se sent. Nous avions déjà senti une différence entre Buenos Aires et la péninsule de Valdès, mais là, la richesse est palpable. Il n’y a rien sur la route à part des estancias, l’équivalent des ranchs américains. Des fermes immenses, en fait. Et c’est impressionnant. Ici, on élève les moutons pour la laine. Et il y en a ! Toujours est-il qu’il nous laisse à l’entrée d’une route qui mène à son aire de déchargement et nous dit que si à son retour, personne ne nous a pris, il nous emmènera à Cullen. Ce n’est pas une ville, mais il y a de quoi camper, au moins. Franchement, là, j’avoue, on n’est pas super à l’aise. On est paumés sur une route en gravier à une centaine de km de la frontière, et on sait qu’il n’y a rien avant ça. Il est près de 20 h, si personne ne nous prend, nous sommes quittes pour camper sur le bord de la route.

Heureusement, à peine 20 minutes plus tard, un camion s’arrête : il va à Rio Grande. C’est parfait, on sera de retour en Argentine pour la nuit. La pampa en camion, c’est cool ! Notre chauffeur est très sympa et discute pas mal, c’est intéressant de discuter avec les gens d’ici, d’avoir leur point de vue. Lui est Argentin, et on se rend vite compte que le fait de devoir traverser le Chili pour son travail ne l’enchante pas… En tout cas, c’est une super expérience, et le fait qu’il nous accompagne nous facilite vraiment la vie au passage de la frontière. On ne nous demande même pas à voir nos sacs, qui sont restés dans le camion 😛 Nous arrivons à Rio Grande vers 22 h. Et là, il faut trouver à se loger. J’ai l’adresse d’une auberge de jeunesse : elle est fermée. Nous rencontrons quelqu’un juste devant, qui nous emmène gentiment jusqu’à un hôtel en voiture. Super gentil ! Par contre, l’hôtel est plein. Il y a un tournoi sportif de toute la Patagonie ce week-end, et il n’y a plus aucun logement de libre. La dame de l’hôtel, super gentille, appelle à différents endroits, et nous trouve finalement quelque chose de libre, à 250 pesos. Aïe ! Les économies réalisées en stop sont partiellement perdues à cause du prix de l’auberge. Mais nous n’avons pas le choix. Après cette journée, on est crevés ! Et on est bien contents de trouver un lit bien confortable. Après un rapide repas, et une douche, au lit. Demain, on a encore quelques kilomètres à parcourir.
Finalement, pour une première fois, nous avons parcouru 365 km en 8 h, avec 4 chauffeurs différents. Pas pire !


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