Vers les chutes d’Iguaçu

Nous avons quitté São Paulo jeudi 13 octobre, à 16 h. Nous embarquions dans un bus longue distance pour 16 h de route, jusque Foz do Iguaçu.

Le trajet s’est bien passé, mais nous avons été un peu déçus. Nous pensions avoir fait une affaire en prenant un bus executivo pour le même prix qu’un convencional avec une autre compagnie. Finalement, nous étions bien dans un convencional (le plus bas de gamme). Et nous avons passé une nuit horrible. D’abord, le Brésilien semble bruyant par nature, ce qui fait que jusqu’à au moins 22 h, ça n’a pas arrêté de parler, et fort ! Souvent, ils parlent au téléphone. Et c’est pire. Ce sont de vrais hurlements, c’est horrible. Mais ça va, le moment de dormir venu, ça se calme. Par contre, un truc qui ne se calme pas, c’est la clim. On n’a jamais autant gelé. Et j’avais prévu, j’avais une polaire. L’horreur ! C’est quoi, en fait, le truc avec la clim ? Personne n’est jamais capable de la régler. Il n’y a que deux boutons, marche et arrêt, ou quoi ? Le fait est qu’on a passé une nuit pourrie à se geler, et qu’on était bien contents d’arriver, enfin, à Foz do Iguaçu à 8 h du mat’. Une fois arrivés, on trouve sans difficulté l’office de tourisme où le monsieur nous donne un plan (ça change, hi hi) et nous indique, en anglais (ça aussi, ça change), le bus à prendre. Nous suivons ses indications et arrivons au but vers 10 h.

On doit régler quelques détails techniques, genre l’entreposage des sacs, etc., (non sans quelques petits coups de stress de part et d’autre, mais le fait de pouvoir communiquer en espagnol facilite grandement les choses) puis nous voilà partis. Nous montons dans le bus qui nous conduit aux sentiers. Tout le monde doit prendre ce bus. Il y a des arrêts en route pour ceux qui veulent, pour d’autres sentiers, mais rien n’est compris dans le prix d’entrée, alors on passe notre tour. On a déjà payé 40 reals chacun, ça va !

Enfin nous y sommes ! Cela se passe de commentaires. C’est tout simplement magnifique. Alors, pour la petite note touristique, les chutes d’Iguazu sont le lieu où les fleuves Iguazu et Paraná se jettent de 80 m de haut (oui, oui, messieurs, dames, elles sont moins hautes de 3 m que la chute Montmorency internationalement connue, elle-même plus haute que les chutes du Niagara). Ce qui les rend exceptionnelles, c’est leur largeur. Le fleuve se divise en 275 chutes environ. Elles sont à cheval sur la frontière argentino-brésilienne. Il est donc intéressant de visiter les deux côtés pour se rendre compte de l’immensité de la chose. Nous avons commencé par le côté brésilien, censé donner la meilleure vue d’ensemble. Et c’est vrai, voyez vous-même sur les photos (on vous épargne, on ne les met pas toutes, vous risqueriez de vous lasser).

Au bout de deux bonnes heures dans le parc, nous ressortons et nous mettons en route vers l’Argentine. Rien de bien compliqué : prendre le bus vers le centre de Foz, descendre à l’hôtel proche de la frontière, faire 200 m à pieds jusqu’au poste frontière brésilien pour obtenir notre tampon de sortie, prendre un bus ici jusqu’au poste frontière argentin et se faire tamponner le passeport, reprendre un bus vers Puerto Iguazu. Un jeu d’enfant ! Et effectivement, ça se fait plutôt bien. En 1 h, nous étions à l’office de tourisme de Puerto Iguazu, Argentine. Et on est CONTENTS !!! Quel bonheur ! On comprend les gens, on peut leur dire des choses, il nous comprennent aussi (ou ils font semblant, mais en tout cas, ils donnent au moins l’impression, hi hi).

C’est le bonheur. Nous pensions que l’espagnol serait un problème, mais c’était sans compter notre petit passage au Brésil. Ça semble facile, du coup. Bon, on ne comprend pas tout, non plus, il ne faut pas exagérer, mais quand même, la vie est beaucoup plus simple. Puerto Iguazu est une petite ville tranquille, agréable. C’est très joli, à la manière d’ici. Ce qui est étonnant, c’est le dépaysement que l’on ressent. Il n’y a plus rien d’européen. Les rues sont pavées, avec des morceaux de pierre, et certaines sont simplement en terre (rouge, ici). La population est en partie d’origine indienne, il y a une grande mixité. Tout le monde se promène avec sa thermos de maté et sa tasse, c’est marrant. Et on se sent en sécurité. On n’a plus peur de sortir l’appareil photo, contrairement au Brésil. C’est le genre de ville argentine que j’imaginais à la frontière bolivienne, mais pas ici.

Alors, c’est cool, on a un plan de la ville, on sait où se trouve notre camping, y a plus qu’à. On a décidé de marcher, c’est à 5 km. Et bien, ça se fait, mais on est un peu arrivés comme des loques. 15 kg sur le dos, c’est quand même lourd. Le principal, c’est qu’on soit arrivé. On s’installe et on prend une douche, ça commençait à devenir indispensable… On occupe la soirée tranquillement, entre la lessive et Internet, et on se prépare à passer une bonne nuit réparatrice. Avant cela, on a quand même rencontré des crapauds poilus gris assez énormes et des iguanes (je croyais que c’étaient des lézards jusqu’à ce que je les voie à la lumière du jour. Beaucoup plus gros !), en plus des coatis que nous avions croisés dans la journée.

La nuit a été très bonne pour moi, un peu moins pour Stéphane, semble-t-il. Nous sommes réveillés par la pluie à 6 h. Nous avions mis le réveil à 7 h, mais il a plu 3 gouttes, juste assez pour nous réveiller et pour remouiller le linge qui séchait dehors. Pas grave, il va falloir s’habituer de toute façon. On traîne un peu au lit, enfin, au tapis de sol, et on se décide à se lever quand le réveil sonne, à 7 h. Le temps de tout remballer, de grignoter un truc, on décolle à 8 h 30, pour arriver aux chutes à 9 h. Entre temps, on a appris que le bus qui nous emmène au parc, à 7 km de là, coûtait 10 pesos par personne, nous croyions que c’était 2. Ça commence mal. Arrivés au parc, impossible de payer l’entrée par carte de crédit (100 pesos par personne, autant dire que nous n’avons pas ça sur nous en liquide). Il faut que j’entre dans le parc, après avoir laissé mon passeport à un garde, pour aller tirer de l’argent au seul distributeur qui se trouve après la barrière d’entrée… ??? Moi pas tout comprendre. Bref, je fais ce qu’on me dit, et je me fait par la même occasion entuber de 16 pesos (? j’espère que ce ne sont pas des dollars) de commission pour avoir utilisé le distributeur. Hummmm, mon humeur ne va pas en s’arrangeant ! Retour à l’intérieur pour acheter les billets, et là, il faut mettre les sacs à la consigne : 10 pesos par sac… Sans commentaire.

Ça valait le coup ! Le côté argentin des chutes est phénoménal !!! Vraiment plus beau, mais c’est notre avis, que le côté brésilien. Et le parc est beaucoup plus naturel. Il y a beaucoup moins d’infrastructures, moins d’offres d’activités « exceptionnelles », on est plus près de l’eau, de la végétation, bref, ça nous plaît plus. Et la vue… C’est vraiment magnifique. L’eau est rouge-orangé. Comme la terre, dans la région, en fait. Les routes, les rues, etc., tout est rouge. L’eau du fleuve, en revanche, n’était pas de cette couleur auparavant. Ce changement est attribuable à la déforestation. Le retrait de la jungle donne la couleur de la terre à l’eau, et cela a un effet négatif sur l’écosystème local. Les oiseaux ne peuvent plus se reproduire, les poissons deviennent aveugles et ne parviennent plus à se nourrir. C’est bien de nous le dire, mais si on pouvait y faire quelque chose…

Dans un registre plus sympathique, on a rencontré de nouveaux animaux aujourd’hui : des coatis, plein, (Pour info, il ne s’agit pas de ratons laveurs. Mais ils ont pris la fâcheuse habitude de réclamer de la nourriture, et peuvent même devenir violents s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Malgré tous les panneaux interdisant de nourrir les animaux sauvages, on voit quand même des gens leur donner des morceaux de leur sandwich…

C’est un peu désespérant.), des oiseaux (on ne connaît pas les noms, mais ce sont clairement des trucs qu’on n’a jamais vu avant), des iguanes et plein plein de papillons de toute taille et de toutes les couleurs. C’est la jungle, quoi ! Point vue moustiques, par contre, pour ceux que ça intéresse, c’est pas pire. Je me suis fait piquer 2 fois au brésil, par des trucs bizarres, vu la tête des piqûres, mais comme il n’y avait aucun risque dans les villes brésiliennes, pas d’inquiétude. Et depuis que nous sommes en Argentine, rien à déclarer. Il y a des petites mouches noires, un peu du genre des saletés qui nous piquent au Québec, mais plus tannantes que violentes. À part ça, pour l’instant, rien à dire vraiment. Et tant mieux, parce que nous nous trouvons dans une zone de transmission de la dengue, une fièvre transmise par les moustiques diurnes, contre laquelle il n’existe aucun vaccin ni aucun traitement. Nous prenons donc nos précautions, vêtements aussi longs qu’il est possible de le supporter (il fait une trentaine de degrés tout de même, et bien humide) et de la Watkins en masse !
Petit retour sur ce que je disais plus haut concernant le côté naturel des chutes du côté argentin. Pour la petite histoire, côté brésilien, il est possible de faire un tour d’hélicoptère pour avoir une vue d’ensemble du phénomène, contre une belle petite somme, cela va sans dire. Les Argentins n’offrent pas ce service, et interdisent aux hélicoptères brésiliens de survoler le côté argentin, car selon eux, cela perturbe la vie sauvage. Jusque-là, j’ai envie de dire : bravo ! Tout à fait d’accord, je salue cette initiative. Jusqu’au moment où nous nous retrouvons devant un énorme bâtiment moche en plein milieu du parc, côté argentin : l’hôtel Sheraton. Alors là, je m’insurge. Comment ça, vous refusez que des hélicos passent au-dessus de vos têtes, mais vous acceptez de couper des arbres, et de fragiliser le milieu (voir plus haut), pour construire une barre de béton moche, afin que M. X ou Mme Y puisse jouir, parce qu’il en a les moyens, d’une vue et de services qui n’ont pas lieu d’être dans un tel endroit ? Désolée, j’espère ne vexer personne, mais je n’adhère vraiment pas avec cette façon de faire. Il y a assez d’hôtels de luxe en dehors du parc pour répondre au besoin de tous !

Pour finir sur une note positive, les chutes d’Iguazu font partie des 7 nouvelles merveilles du monde, et elles le méritent vraiment. L’érosion fait qu’elles disparaissent petit à petit, alors dépêchez-vous d’aller profiter de cette merveille de la nature avent qu’il ne soit trop tard ! Une petite note spéciale pour Patricia et Georges : merci de nous avoir encouragés à rester chez vous le temps que la pluie passe sur Iguazu. On a plus profité de votre présence, et on a eu un temps magnifique aux chutes ! Que du positif. Un énorme merci encore pour votre accueil, c’était vraiment génial. On vous attend au Canada !

Samedi 15, nous embarquons dans un bus à 16 h 45 pour la suite de nos aventures. Notre but est d’atteindre Montevideo, en Uruguay, demain soir. Le système de transport n’est pas celui du Brésil, les choses se passent beaucoup plus facilement. Il existe des sites Internet (parfois), à jour (plus ou moins). Nous avons cependant eu du mal à définir notre itinéraire en raison des relations houleuses qui existent entre l’Argentine et l’Uruguay (un truc en lien avec une usine de papier située à la frontière, mais je ne veux pas dire de bêtises, alors je ferai mes recherches pour vous en dire plus). En tout cas, en raison de ce conflit, il n’existe aucune liaison directe entre l’Argentine et l’Uruguay en bus. Le plus simple est d’aller à Buenos Aires et de prendre le bateau pour Montevideo ou Colonia del Sacramento. Mais cela ne nous intéresse pas, car nous ne voulons pas aller deux fois à Buenos Aires. De plus, quand on regarde la carte, il est bien plus logique de passer d’abord par l’Uruguay. Alors on est têtus, donc on insiste.

Résultat : bus de nuit de Puerto Iguazu à Concordia, arrivée à Concordia demain vers 5 h 30 du matin. De là, trajet vers la frontière argentine, puis uruguayenne à Salto. De là, on ne sait pas trop à quelle heure on trouvera un bus qui nous emmènera à Montevideo, ni à quel prix. On espère arriver dans la capitale demain soir. Compte rendu une fois là-bas. En attendant, notre première expérience du bus argentin est plutôt positive. C’est la grosse classe. On a pris deux billets en semi-cama, c’est-à-dire que les sièges s’allongent partiellement. C’est l’équivalent de l’executivo au Brésil. Alors, les sièges s’inclinent comme dans les autres bus qu’on a pris jusqu’ici, ce qui veut dire beaucoup plus que dans un Greyhound. Ce qui change en Argentine, c’est la petite tablette rétractable que l’on se met sous les mollets, d’où le semi cama (lit partiel ?) Aussi, les télés fonctionnent. Il y avait des télés dans tous les bus que nous avons pris jusqu’ici, mais elles n’ont jamais été allumées. Là, c’est différent. Nous avons droit à Transformers en VO sous-titrée espagnol. Eh oui, c’est la classe ! On nous a également apporté un petit oreiller et une couverture de voyage, comme en avion. Enfin, il y a de la bouffe, ah ah. On savait que le repas du soir était inclus (on attend de voir ce qu’on va nous proposer), mais quelle surprise lorsqu’un agent de bord nous a apporté une petite boîte remplie de gâteries pour le goûter ! Bon, on a payé 300 pesos par personne, quand même. Je pense qu’on peut dire que le transport est plus cher en Argentine qu’au Brésil (on a failli prendre l’avion, d’ailleurs…), mais le service est bien meilleur. Ah oui, dernier détail. Côté clim, là, on est dans l’excès inverse. Il n’y en a pas, ou quasiment pas. Mais on préfère ça ! Je pense qu’on va passer une bonne nuit.


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